SCÈNE V. ai
s I L Y I A. 9 «ncore lAonlciue.
Je le veux bien.
Que TOUS êtes jolie !
SILVIA
Vous êtes bien obligeant,
ARLEQUIN
Oh! point; je dis la vëritë.
SILVIA) en riaot an peu à too tour.
Vous êtes bien joli aussi , vous.
AHLEQUI».
Tant mieux ! Où demeurez- vous ? Je vous irai voir,
SILYIA.
Je demeure tout près ; mais il ne faut pas venir ^ il vaut mieux nous voir toujours ici , parce qu'il y a ua berger qui m^aime ; il serait jaloux , il nous suivrait.
ARLEQUIN
Ce berger - là vous aime !
SILVIA
Oui.
ARLEQUIN
Voyez donc cet impertinent ! je ne le veux pas , moi . Est - ce que vous l'aimez , vous ?
SILVIA
Non , je n'en ai jamais pu venir à bout.
aa ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR,
ARLEQUIN
Cest bien fait ; il faut n*aimer personne que nous deux ' } voyez si vous le pouvez.
SILVIA
Oh ! de reste ; je ne trouve rien de si aisé,
ARLEQUIN
Tout de bon ?
SILVIA
Oh! je ne mens jamais. Mais où demeurez -vous aussi?
ARLEQUIN
Dans cette grande maison.
Quoi ! chez la fëe ?
ARLEQUIN
Oui.
SILVIA, truUment.
J'ai toujours eu du malheur.
ARLEQUIN, tritlMient aosn.
Qu'est-ce que vous avez, ma chère amie?
SILVIA
Cest que cette fëe est plus belle que moi, et j'ai peur que notre amitié ne tienne pas.
* Il faut n'aimer penoime que nwu deux. Mot dâicteaz de naÎTeté et de sentimeot.
SCÊWE V. a3
J'aimeraûs mieux mourir. (T«idi«iMBt.) Âllex, ne vous affligez pas , mon petit cœur.
fliLyiA.
Vous m'aimerez donc toujours ?
ARLEQUIN
Tant que je serai en vie.
SILVIA
Ce serait bien dommage de me tromper^ je suis si simple ! Mais mes moutons s*ëcartent, on me gronderait s'il s'en perdait quelqu'un ; il faut que je m'en aille. Quand reviendrez - vous ?
ARLEQUIHy avec ebagrin.
Oh ! que ces moutons me fâchent!
SILVIA
Et moi aussi-, mais que faire? Serez -vous ici sur le soir ?
ARLEQUIN
Sans faute, (ii lai pnod u maiB.) Oh ! les jolis petits doigts ! ( Il lui Uise u maio. ) Jc U ai jamais eu de bonbon si bon que cela.
SILVIA , en riant.
Adieu donc. (A pan. ) Voilà que je soupire, et je n'ai point eu de secret pour cela.
( Elle laiaae tomber «on mouchoir en iVn allant. ) ARLEQUIN, ramaseanl le mouchoir.
Mon amie !
a4 ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR,
SILVIA
Que voulez -vous, mon ami ? Ah! c'est mon movt* choir; donnez.
ARLEQUIN U tond, «t pais U relirai il héûf.
Non y je veux le garder ; il me tiendra compa^ie. Qu'est-ce que vous en faites ?
SILVIA
Je me lave quelquefois le visage , et je m'essuie avec.
Et par où vous sert-il , afin que je le baise par ]k ?
SILVIA
Partout; mais j'ai hâte, je ne vois plus mes mou* tons. Adieu ; jusqu'à tantôt.
(Ailtqmiit la nia* en faisant det làtai, et m ratira. )