‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 10 sur 316 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SILVI A, ARLEQUIN.

SILYIA.

Que ce bérgâr me déplaît avec son amour ! Toutes les fois qu'il me parle, je suis toute de méchante humeur. (VojaBt Aricqnm.) Mais qui est-ce qui vient là? Ah ! mon Dieu ! le beau garçon > !

ARLEQUIN «Btra an joiunC mn ToUnt;!! Tient de celte ftfoa jaeqa^aas pieds de SilTÎa i U, en jooant, il laUte tomber le folant , et, en te beiiMnt ponr le nmeeter , il voit Silria. U demeure ëtonntf et conrW ; petit à petit et par Mcoueses il te redreite le corps. Quand il t*est entièrement radreaetf , il la regarde! elle , honteiue , feinf de f retirer i dnns aon «mbetrae, il rar- •réle, et dit :

Vous êtes bien pressée !

SILVIA

Je me retire , car je ne vous connais pas.

Vous ne me connaissez pas ! tant pis ; faisons counaissance, voulez -vous?

* j^h! mon Dieu !le beau garçon ! Hîende plus comique que les exclamatioDS de toutes ces femmes sur la beauté d^Arlequin. (Test qu'au théâtre ce sont surtout les contrastes qui produisent le comique. Otezle masque hideux d^ Arlequin j donnez-lui une tournure svelle et élégante , un bel habit, une perruque bien poudrée; il n*j aura rien de si fade que Ventbouslasme qn'il inspirera subitement aux femmes. Mais il est laid, balonrd, ridiculement coiffé, et il produit les mêmes impressions que s*il était un Apollon on nn Adonis; ToiU ce qui sera éternellement plaisant.

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