ACTE I, SCÈNE VI
LISETTE
Mais, mon pauvre garçon, vous extravaguez.
ARLEQUIN
Vous parlez de Silvia ] c'est cela qui est aimable ! Si je vous contais notre amour, vous tomberiez dans Tadmiration de sa modestie. Les premiers jours il fallait voir comme elle se reculait d'auprès de moi ; et puis elle reculait plus doucement -, puis , petit à petit , elle ne reculait plus ; entité elle me regardait en cachette-, et puis elle avait honte quand je l'avais vue faire , et puis moi j'avais un plaisir de roi à voir sa honte ; ensuite j'attrapais sa main , qu'elle me laissait prendre ; et puis elle était encore toute confuse ; et puis je lui parlais ^ ensuite elle ne me répondait rien , mais n'en pensait pas moins ; ensuite elle me donnait des regards pour des paroles, et puis des paroles qu'elle laissait aller sans y songer , parce que son cœur allait plus vite qu'elle ; enfin c'était un charme ; aussi j'étais comme un fou '. Et voilà ce qui s'appelle une fille; mais vous ne ressemblez point à Silvia.
LISETTE
En vérité, vous me divertissez , vous me faites rire.
' Aussi j'étais comme un fou. Tout ce détail est d*uiM naÎTetë déliciease. Nulle part, que je sache , MariTaux n^apeintaTec autant de Téritë les premiers mouTemens d^nne passion naissante dans le cœur d'une jeune fille ; et cette timidité qui j ajoute tant de charmes, et ces aTeux iuToIontaires , interrompus par on silence mille fois plus expressif que les ayeux eux - mêmes.
ARLEQUIN
Oh ! pour moi , je m'ennuie de vous faire rire à vos dépens. Adieu ; si tout le monde était comme moi , vous trouveriez plutôt un merle blanc qu'un amoureux.