SCÈNE XL
SILYIÀ, FLÂMINIA, ARLEQUIN.
SILVIA, accottraot avec joie.
Ah ! le voici. Eh ! mon cher Arlequin ^ c'est donc vous! Je vous revois donc! Le pauvre enfant! que je suis aise !
ARLEQUIN
Et moi aussi. Oh! oh! je me meurs de joie.
SILVIA
Là, là, mon fils, doucement, il m'aime ; quel plaisir d'être aimée comme cela !
FLAMINIA
Vous me ravissez tous deux , mes chers enfans , et vous êtes bien aimables de vous être si fidèles.
2o6 LA DOUBLE INCONSTANCE,
( Bit.) Si quelqu'un m'entendait dire cela Je serais perdue... mais, dans le fond du cœur, je vous estime et je vous plains.
SILYIA.
Hélas ! c'est que vous êtes un bon cœur. Pai bien soupire, mon cher Arlequin.
AHLEQUIH, Undremenu
M'aimez-vous toujours ?
SILVIA
Si je vous aime ! Cela se demande-t-il ? est-ce une question à faire ?
FLAMiniA.
Oh ! pour cela , je puis vous certifier sa tendresse. Je l'ai vue au désespoir, je l'ai vue pleurer de votre absence; elle m'a touchée moi-même. Je mourais d'envie de vçus voir ensemble ; vous voilà. Adieu , mes amis; je m'en vais, car vous m'attendrissez. Vous me faites tristement ressouvenir d'un amant que j'avais , et qui est mort. Il avait de l'air d'Arlequin , et je ne l'oublierai jamais. Adieu , Silvia ; on m'a mise auprès de vous , mais je ne vous desservirai point. Aimez toujours Arlequin, il le mérite; et vous, Arlequin, quelque chose qui arrive, regardez -moi comme une amie , copime un^ personne qui voudrait pouvoir vous obliger ; je ne négligerai rien pour cela.
AHLEQUIN.
Allez ; mademoiselle , vous êtes une fille de bien. Je suis votre ami aussi , moi. Je suis fâché de la mort