SCÈNE I
SILVIA, FLAMINIA
SILYIA.
Oui ie vous crois. Vous paraissez me vouloir du bien. Aussi vous voyez que je ne souffre que vous ; je regarde tous les autres comme m^ ennemis. Mais où est Arlequin ?
FLÂMINIA.
Il va venir; il dîne encore.
SILYIA.
C*est quelque chose d^ëpouvantable que ce paysci ! Je n'ai jamais vu de femmes aussi prévenantes y d'hommes aussi honnêtes. Ce sont des manières si douces, tant de révérences, tant decomplimens, tant de signes d'amitié ! Vous diriez que ce sont les meil-' leures gens du monde , qu'ils sont pleins de cœur et de conscience. Quelle erreur ! De tous ces gens-là , il n'y en a pas un qui ne vienne me dire d'un air prudent : Mademoiselle , croyez-moi , je vous conseille d^abandonner Arlequin et d'épouser le prince; mais ils me conseillent ceU tout naturellement, sans avoir