ACTE II, SCENE I. ai
FLAMIinA| loariant.
Oh ! Silvia , je vous assure que vous plaindrez le prince autant que lui , quand vous le connaîtrez.
SILVIA
Eh bien ! qu'il tâche de m'oublier, qu'il me renvoie, qu'il voie d'autres filles. 11 y en a ici qui ont leur amant tout comme moi ; mais cela ne Içs empêche pas d'aimer touL le monde. J'ai bien vu que cela ne leur coûte rien-, mais pour moi, cela m'est impossible.
Eh ! ma chère enfant , avons-nous rien ici qui vous vaille , rien qui approche de vous ?
SILVIA
Oh! que si; ily en a de plus jolies que moi; et quand elles seraient la moitié moins jolies, cela leur fait plus de profit qu'à moi d'être tout-à-fait belle. J'en vois ici de laides qui font si bien aller leur visage , qu'on y est trompée
FLAMTViA.
Oui 5 mais le vôtre va tout seul , et cela est charmant.
SILVIA
Bon! moi! je ne parais rien, je suis toute d'une pièce auprès d'elles ; je demeure là , je ne vais ni ne viens; au lieu qu'elles, je les vois d'une humem*
▼iandeqaî, lorsqu'elle est dure, se mange dilEcilement, et donne beaucoup h tirer aux couTives. II faut avouer que SiWia aurait pu rendre sa pensée avec plus de noblesse et surtout plus de c]arte\
FLAMIITIA.
Voilà de la compagnie qui tous vient.
SILVIA
Eh ! je crois que c'est cet officier dont je vous ai parlé*, c'est lui-même. Voyez la belle physionomie d'homme!