‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 134 sur 316 · ARLEQUIN, FLAMINIA · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, FLAMINIA

ARLEQUIN

Cela est terrible ! Je n*ai trouvé ici qu^une personne qui entende la raison , et Ton vient chicaner

a3o LA DOUBLE INCONSTANCE,

ma conversation avec elle. Ma chère Flaminia , à présent parlons de Silvia à notre aise *, quand je ne la vois point, il n'y a qu'avec vous que je m'ea passe.

FLAMIIYIAy d*pn sir simple.

Je ne suis point ingrate ; il n'y a rien que je ne fisse pour vous rendre contens tous deux \ et d'ail*leurs vous êtes si estimable, Arlequin, que, quand îe vois qu'on tous chagrine, je. souffre autant que vous,

ARLEQUIV.

La bonne sorte de fille ! Toutes les fois que vous me plaignez, cela m*apaise; je suis la moitié moins fâché d'être triste.

. FLAMII9IA.

Pardi ! qui est --ce qui ne vous plaindrait pas ? Qui est-ce qui ne s'intéresserait pas à vous ? Vous ne con-miissez pas ce que vous valel , Arlequin.

ARLEQUIN

Cela se peut bien ; je n'y ai jamais regardé de si près.

FLAMINIA

Si vous saviez combien il m'est cruel de n'avoir point de pouvoir ! si vous lisiez dans mon cœur !

ARLEQUIN

Eh ! je ne sais point lire *, mais vous me l'expliquerez. Par la mardi ! je voudrais n'être plus affligé, quand ce ne serait qu^ pour le souci que cela vous donne \ mais cela viendra.

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