‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 135 sur 316 · ACTE II, SCÈNE VI. a3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI. a3i

Non , je ne serai jamais tëmoin de voire conteuie- ,mént; voilà qui est fini; Trivelin causera, Ton me séparera d'avec vous; et que sais -je, moi, où Voh m'emmènera? Arlequin, je vous parle peut -«être poar la dernière fois, et il n'y a plus de plaisir pour moi dans le monde.

ARLEQUIIf, iiUtc.

Pour la dernière fois ! J's^ donc bien du guignôn ! Je n'ai qu'une pauvre maîtresse, ils ne l'ont empor* tée; vous emporteraient -ils encore? et où est-ce que je prendrai du courage pour endurer tout, cela ? Ces gens-là croient-ils que j'aie un cœur de fer? Ont-ils entrepris mon trépas ? Seront - ils aussi barbares ?

FLAMII9IÀ.

En tout cas, j'espère que vous n'oublierez jamais^ Flaminia , qui n'a rien^tant souhaité que voire bonheur.

ÂHLEQUIIf.

M'amie,.vousii^e gagnez le f^ur. Conseillez -• moi dans ma peine; avisons - uous ; quelle est votre pensée? Car je n'ai point d'esprit, moi| quand je suis fâché. Il faut que j'aime Silvia ; il faut que je vous \ garde ; il ne faut pas que mon amour pâlisse de notre amitié, ni notre amitié de mon amour; et pie voilà bien embarrassé.

FLAMIltlA.

Et moi bien malheureux ! Depuis qUë j'ai perdu mon amant, je n'ai eu de repos qu'en. votre comp^

a3a LA DOUBLE INCONSTANCE,

gnie , je respire avec vous ^ vous lui ressemblez taut , que je crois quelquefois lui parler i je ii*ai vu dans le monde que vous et lui de véritablement aimables. .

ARLEQUlIf.

Pauvre fille ! il est fâcheux que j*aime Silvia ; sabs cela je vous donnerais de bon cœur la ressemblance de votre amant. C'était donc un joli garçon ?

PLAMINIA.

Ne vous ai -je pas dit qu'il était fait comme vous , que vous êtes aon portrait ?

ARLEQUlIf.

Et vous Taimiez donc beaucoup ?

Regardez - VOUS , Arlequin; voyez combien vous méritez d*étre aimé , et vous verrez combien je Taimais.

ARXEQtlIir.

Je n*ai vu personne répondre si doucement que vous. Votre amitié se met partout. Je n'aurais jamais cru être si joli que vous le dites; mais puisque vous aimiez tant ma copie , il faut bien croire que Toriginal mérite quelque chose.

FLAMINIA

Je crois que vous m'auriez encore plu davantage ; mais je n'aurais pas été assez belle pour vous.

ARLEQUIH, «vecfca.

Par la sambille ! je vous trouve charoiaute ayec ctfte pensée «^ là.

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