SCÈNE III
FLAMÏNIA, ARLEQUIN.
FIAMINIA.
Qu'est -CB' que c'est ? Qu'avez - vous , Arlequin ?
' ARLEQUIN
Bonjour , m'amie ; c'est ce faquin qui dit qu'il vous aime depuis deux ans.
FLAMIMIA.
Cela se peut bien.
ARLEQUIN
Et vous , m'amie , que dites - vous de cela ?
FLAHINIA.
Que c'est tant pis pour lui.
ARLEQUIN
Tout de bon ?
FLAMINIA
Sans doute ; mais est - ce que vous seriez fâché que Ton m'aimât ?
ARLEQUIN
Hélas ! vous êtes votre maîtresse ^ mais si vous aviez
266 LA DOUBLE INCQNSTANCE,
un amant, vous raimeriez peut- être j cela gâterait la bonne amitié que vous me portez, et vous m'en feriez ma part plus petite. Oh ! de cette part- là, je n'en voudrais rien perdre.
FLAMINIA
Arlequin, savez -vous bien que vous ne ménagez pas mon cœur ?
ARL£Q0Df.
Moi ! et quel Mal l^ii fais-je donc?
FLAMINIA
Si vous continuez de me parler toujours de itiétne , je ne saurai plus bientôt de quelle espèce seront mes sentimens pour vous. En vérité, je n'ose m'examiner là-dessus; j'ai peur de trouver plus que je ne veux.
ARLEQUIN
C'est bien fait, n'examinez jamais, Flaminia ; tsda sera ce que cela pourra. Au reste, croyez- moi, ne prenez point d'amant; j'ai une maîtresse , je la garde; si je n'en avais point , je n'en chercherais pas ; qu'en ferais-je avec vous ? die m'ennuierait.
FLAMIIÏIA.
Elle vous ennuierail! Lenioyen, après tout ce que vous dites, de rester votre amie?
ARLEQUIN
Eh ! que serez-vous donc ?
FLÂMINIA.
Ne me le demandez pas , je n'en veux rien savoir ;