‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 156 sur 316 · ACTE III, SCENE H. a · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE H. a

TRIYELIN.

Ealte-lâ ! dites : Monseigneur*

ARLEQUIN

Mettez les deux , afin qu'il choisisse.

TRIVELIN

Fort bien.

<« Vous saArex que je m'appelle Arlequin. >»

TRI7ELIM

Doucement ! vous devez dire : F^otre grandeur saura.

ARLEQUIN

f^otre gran4eur saura ! C*est donc un géant , ce /"^ secrétaire d'état » ?

TRITEIIN.

Non ; mais n'importe.

Quel diantre de galimatias ! Qui a jamais entendu dire qu'on s'adresse à la taille d'un homme , quand on a affaire à lui ?

TRIVELIN

Je mettrai comme il vous plaira. Vous saurez que je m'appelle Arlequin. Après ?

' Cettdonc un géant, ce secrétaire d'état? Trait ât satire contre la manie dn titres, mais trait fort inoffeiisif. Les^graads et les hommes en place sai(^t très -bien eux-mêmes à quoi yen tenir sur la puérilité de ces formules honorifiques j ils les acceptent comme une des charges du bénéfice.

ARLEQUIN

« Qae j'ai une maîtresse qui s'appelle Silvia , bourgeoise « de mon village , et fille d'honneur. « •

TRIVBLIN.

Courage !

ARLEQUIN

« Avec une bonne amie que j'ai faite depuis peu, qui M ne saurait se passer de nous» ni nous d'elle ; ainsi, aus* « sitôt la présente reçue.... »

TRIYBLIN.

Flaminia ne sauwit se passer de vous ? Aïe ! la plume me tombe des mains.

ARLEQUIN

Oh ! oh ! que signifie donc cette impertinente pâmoison - là ?

lïy a deux ans, seigneur Arlequin, il y a deux ans que je soupire en secret pour elle.

ARLEQUIN, tirant sa Uue.

Cela est fâcheux , mon mignon ^ mais, eu attendant qu'elle en soit informée , je vais toujours vous en faire quelques remercimens pour elle.

TRIVELIN

Des remercimens à coups de bâton ! je ne suis pas friand de ces complimens-là. Eh ! que vous importe que je Taime ? Vous n'avez que de Tamitié pour elle, te Tamitië ne rend point jaloux.

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