ACTE III, SCENE H. a
TRIYELIN.
Ealte-lâ ! dites : Monseigneur*
ARLEQUIN
Mettez les deux , afin qu'il choisisse.
TRIVELIN
Fort bien.
<« Vous saArex que je m'appelle Arlequin. >»
TRI7ELIM
Doucement ! vous devez dire : F^otre grandeur saura.
ARLEQUIN
f^otre gran4eur saura ! C*est donc un géant , ce /"^ secrétaire d'état » ?
TRITEIIN.
Non ; mais n'importe.
Quel diantre de galimatias ! Qui a jamais entendu dire qu'on s'adresse à la taille d'un homme , quand on a affaire à lui ?
TRIVELIN
Je mettrai comme il vous plaira. Vous saurez que je m'appelle Arlequin. Après ?
' Cettdonc un géant, ce secrétaire d'état? Trait ât satire contre la manie dn titres, mais trait fort inoffeiisif. Les^graads et les hommes en place sai(^t très -bien eux-mêmes à quoi yen tenir sur la puérilité de ces formules honorifiques j ils les acceptent comme une des charges du bénéfice.
ARLEQUIN
« Qae j'ai une maîtresse qui s'appelle Silvia , bourgeoise « de mon village , et fille d'honneur. « •
TRIVBLIN.
Courage !
ARLEQUIN
« Avec une bonne amie que j'ai faite depuis peu, qui M ne saurait se passer de nous» ni nous d'elle ; ainsi, aus* « sitôt la présente reçue.... »
TRIYBLIN.
Flaminia ne sauwit se passer de vous ? Aïe ! la plume me tombe des mains.
ARLEQUIN
Oh ! oh ! que signifie donc cette impertinente pâmoison - là ?
lïy a deux ans, seigneur Arlequin, il y a deux ans que je soupire en secret pour elle.
ARLEQUIN, tirant sa Uue.
Cela est fâcheux , mon mignon ^ mais, eu attendant qu'elle en soit informée , je vais toujours vous en faire quelques remercimens pour elle.
TRIVELIN
Des remercimens à coups de bâton ! je ne suis pas friand de ces complimens-là. Eh ! que vous importe que je Taime ? Vous n'avez que de Tamitié pour elle, te Tamitië ne rend point jaloux.