‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 159 sur 316 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE SEIGNEUR, ARLEQtJIN.

ARLEQUIN

Voila mon homme àe tantôt. Ma foi ! monsieur le médisant (car je ne sais point votre autre nom), je n^'ai rien dit de vous au prince , par la raison que je ne l'ai point vu.

LE SEIG]^ËUR.

Je VOUS suis obligé àe votre bonne vcdônté^ seigneur Arlecfuin ; mais je suis sorti «d^mbarras et rentré dans les bonnes grâces du prin<?e, sur l'assurance

que je lui ai donnée que vous lui parleriez pour moi^ j'espère qu'à votre tour vous me tiendrez parole.

ARLEQUIN

Oh ! quoique je paraisse un innocent , je suis homme d'honneur.

LE SEIGNEUR

De grâce, ne vous ressouvenez plus de rien, et réconciliez-vous avec moi en faveur du présent que je vous apporte de la part du prince ^ c'est de tous les présens le plus grand qu'on puisse vous faire.

ARLEQUIN

Est-ce Silvia que vous m'apportez ?

Non. Le présent dont il s'agit est dans ma poche. Ce sont des lettres de noblesse dont le prince vous , gratifie comme parent de Silvia ^ car on dit que vous l'êtes un peu.

ARLEQUIN

Pas un brin^ remportez cela; car, si je le prenais, ce serait friponner la gratification.

LE SEIGNEUR

Acceptez toujours ; qu'importe ? Vous ferez plaisir au prince. Refuseriez -vous ce qui fait l'ambition de tous les gens de cœur ?

ARLEQUIN

J'ai pourtant bon cœur aussi. Pour de l'ambition , j'en ai bien entendu parler; mais je ne l'ai jamais vue, et j'en ai peut-être sans le savoir.

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