SCÈNE III
LA PRINCESSE, HORTENSE, ARLEQUIN
lA PRINCESSE.
Que cherches-tu, Arlequin ? ton maître est-il dans le palais ?
ARLEQUIN
Madame , je supplie votre principauté de pardonner l'impertinence de mon étourderie; si j'avais su que votre présence eût été ici > , je n'aurais pas été assez nigaud pour y venir apporter ma personne.
' Si y tarais su que votre préêence eOt été icL Je êuppUe votre prin^
3i4 LE PRINCE TRAVESTI,
LA PRINCESSE
Tu n'as point fait de mal. Mais, dis -moi, cherches-tu ton maître ?
ARLEQUIN
Tout juste ; vous Tavez devine, madame. Depuis qu'il vous a parlé tantôt, je Tai perdu de vue dans cette peste de maison *, et , ne vous déplaise , je me suis aussi perdu, moi. Si vous vouliez m'enseigner mon chemin , vous me feriez plaisir ; il y a ici un si grand nombre de chambres, que j*y voyage depuis une heure sans en trouver le bout. Par la mardi ! si vous louez tout cela, cela vous doit rapporter bien de l'argent , pourtant. Que de fatras de meubles , de drôleries , de colifichets ! Tout un village vivrait un an de ce que cela vaut. Depuis six mois que nous sommes ici, je n'avais point encore vu cela. Cela est si beau, si beau , qu'on n'ose pas le regarder-, cela fait peur à un pauvre homme comme moi. Que vous êtes riches, vous autres princes! et moi , qu'est-ce que je suis en comparaison de cela ? Mais n'est-ce pas encore une autre impertinence que je fais , de raisonner avec vous pomme avec ma pareille ? (Horteme rit.) Voilà votre camarade qui rit^ j'aurai dit quelque sottise. Adieu, madame \ je $alue votre grandeur.
çipauié, était bon; Arlequin prend un titre honorifiqoe qui n^est pas eu usage pour celui qui est consacre par IVtiquette : c'est de Tignoranceet delà balourdise^ mais votre présence qui est ici n'est qu'une faute contre la langue , et Arlequin , parlant français dans, tout le resta de son rôle , ne devait pas se la permettre.