‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 184 sur 316 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LÉLIO, ARLEQUIN

LÉLIO

Qo'est-c£ que tu fais ici ?

ARLEQUIN

J'y fais connaissance avec la princesse, et j'y reçois ses complimens.

LÉLIO

Que veux-tu dire avec ta connaissance et tes complimens ? Est-ce que tu l'as vue , la princesse ? Où estelle?

ARLEQUIN

Nous venons de nous quitter.

3i8 LE PftINCE TAAVESTI,

Explique-toi donc -, qne t'a-t-elle dit ?

▲ RLEQUIIf.

Bien des choses. Elle me demandait si nous nous trouvions bien ensemble, comment s'appelaient votre père et votre mère, de quel métier ils étaient, s'ils vivaient de leurs rentes ou de celles d'antmi. Moi , je lui ai dit : Que le diable emporte celui qui les connaît ! je ne sais pas quelle mine ils ont , s'ils sont nobles ou vilains, gentilshommes ou laboureurs; mais j'ai ajouté que vous aviez l'air d'un enfant d'honnêtes gens. Après cela elle m'a dit : Je vous salue ; et moi je lui ai dit : Vous me faites trop de grâce. Et puis c'est tout.

LÉLIO, ip»rt.

Quel galimatias ! Tout ce que j'en puis comprendre , c'est que la princesse s'est informée de lui , s'il me connaissait. (Haut.) Enfin tu lui as donc dit que ta ne savais pas qui je suis ?

ARLEQUIN

Oui \ cependant je voudrais bien le savoir ; car quelquefois cela me chicane. Dans la ville il y a tant de fripons , tant de vauriens qui courent par le monde pour fourber l'un, pour attraper l'autre, et qui ont bonne mine comme vous!... Je vous crois un honnête garçon, moi.

LÉLIO

Va, va, ne t'embarrasse pas. Arlequin^ tu as bon maître , je t'en assure.

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