ACTE II, SCÈNE VII
crois rien , si vous ne partez. Partez donc , ou soyez mon ennemi mortel. Partez, ma tendresse vous Fordonne -, ou restez ici Thonime du monde le plus haï de moi; et le plus haïssable que je connaisse.
LÉLIO
Je partirai donc, puisque vous le voulez *, mais vous prétendez me sauver la vie , et vous n'y réussirez pas.
HORTENSE
Vous me rappelez donc à votre tour?
LÉLIO
J'aime autant mourir que de ne vous plus voir.
HORTENSE
Ah ! voyons donc les mesures que vous voulez prendre.
ÉÉLIO.
Quel bonheur ! je ne saurais retenir mes transports.
Vous m'aimez beaucoup , je le sais bien ; passons votre reconnaissance ; nous dirons cela une autre fois. Venons aux mesures...
LÉLIO
Que n'ai-je, au lieu d'une couronne qui m'attend, Tempire de la terre à vous offrir ?
H0RTE5SB.
Vous êtes né prince ? Mais vous n'avez qu'à me garder votre cœur, vous ne me donnerez rien qui le vaille ; achevons.
LÉLIO
J'attends demain incognito nn courrier da roi de Léon mon père.
HORTBIISE.
Arrêtez , prince -, Frédéric vient , l'ambassadeur le suit sans doute. Vous m'informerez tantôt de vos résolutions.
LÉLIO
Je crains encore vos inquiétudes.
HORTENSE
Et moi y je ne crains plus rien ; je me sens Timprudence la plus tranquille du monde ' -, vous me Ta* vez donnée, je m'en trouve bien. C'est à vous à me la garantir; faites comme vous pourrez.
LÉLIO
« Tout ira bien, madame; pour gagner du temps, je ne conclurai rien avec l'ambassadeur; je vous reverrai tantôt.
' Je me sens Vimprudence la plus tranquille du inonde. Cette pensée n^est pas claire. Hortense veut dire probablement que la réré' lation qui vient de luiétre faite lui inspire une confiance tranquille, et telle qu^elle ne craindrait pas, pour repondre i Tamour de Lâio , de faire ce qu'auparavant elle eût regardé comme la plus hante imprudence , c'est-i-dire de brayer la jalousie da la princease.