ACTE II, SCENE VIÏI. 38i
prince ignore les sccrèteâ raisons qui s'opposent en vous à ce qu'il souhaite. La vengeance des princes peut porter loin ^ souvenez -vous- en.
LÉLIO
Encore une fois, je ne rejette point votre proposition-, nous Texaminerons plus à loisir-, mais si les raisons secrètes que vous voulez dire étaient réelles, monsieur, je ne laisserais pas que d'embarrasser le ressentiment de Votre prince. Il lui serait plus difficile de se venger de moi que vous ne pensez.
l'ambassadeur.
De vous ?
LÉLIO
Oui , de moi .
l'ambassadeub.
Doucement ; vous ne savez pas à qui vous parlez.
LÉLIO
Je sais qui je suis ; en voilà assez.
l'ambassadeur.
Laissez là ce que vous êtes, et soyez sûr que vous me devez respect.
LÉLIO
Soit ; et moi je n'ai , si vous le voulez , que mon cœur pour tout avantage ; mais les égards que l'on doit à la seule vertu , sont aussi légitimes que les respects que l'on doit aux princes -, et fussiez- vous le roi de Gastille même, si vous êtes généreux , vous ne sauriez penser autrement. Je ne vous ai point manqué de respect , supposé que je vous en doive -, mais
les senlimens que je vous montre depuis que je vous parle , méritaient de votre part plus d'attention que vous ne leur en avez donné. Cependant je continuerai à vous respecter , puisque vous dites qu'il le faut , sans pourtant en examiner moins si le mariage dont il s'agit est vraiment convenable. (iimu.)