ACTE II, SCÈNE XI. S^t
merci. — £n voilà encore une autre. — Donnez , mon brave homme — Prends encore cette poignée de pistoles. — Et oui-dà, mon bon monsieur. -^ Yeux * tu me rapporter ce que tu entendras dire à ton maître ?— Et pourquoi cela ?— Pour rien, par curiosité.-^ Oh ! mon compère, non.— ^ Mais je te donnerai tant de bonnes drogues \ je te ferai ci , je te fêtai cela ^ je sais une fille qui est jolie, qui est dans ses meubles^ je la tiens dans ma manche ; je te la garde. «^ Oh 1 oh ! montrez la pour voir. «^ Je Tai laissée au logis ; mais, suis-moi , tu l'auras. -^Non, non, brocanteur, non. — Quoi ! tu ne veux pas d'une jolie fille ?. ... A la vérité , madame , cette fille-là me trottait dans Tâme -, il me semblait que je la voyais , qu'elle était blanche , potelée. Quelle satisfaction ! Je trouvais cela bien friand. Je bataillais, je bataillais domme un César ^ vous m^auriez mangé de plaisir eu voyant mon courage; à la fin je suis chu. Il me doit encore une pension de cent écus par an , et j'ai déjà reçu la fillette, que je ne puis pas vous montrer, parce qu'elle n'est pas là. Sans compter une prophétie qui a parlé, à ce qu'ils disent, de mon argent, de ma fortune et de ma friponnerie.
LA PIl|irCËS8B.r
Comment s'appelle-t-elle, cette fille?
AULEQUI».
Lisette. Ah ! madame, si vous voyiez sa face , vous seriez ravie •, avec cette créature-là , il faut que l'honneur d'un homme plje bagage; il n'y a pas moyen.
Sga LE PRINCE TRAVESTI,
Un misérable comme celui-là peut-il imaginer tant d'impostures ?
ARLEQUIN
Tenez, madame, voilà encore sa bagne qu'il m'a mise en gage pour de l'argent qu'il me doit donner tantôt. Regardez mon innocence. Vous qui êtes une princesse, si on vous donnait tant d'argent, de pensions , de bagues , et un joli garçon , est-ce que vou^ y pourriez tenir? Mettez la main sur la conscience. Je n'ai rien inventé; j'ai dit ce que monsieur Lélio a dit.
HORTENSE
Juste ciel !
LA PRINGES5E, & Fi^denc.
Je verrai ce que je dois faire de vous , Frédéric ; mais vous êtes le plus indigne et le plus lâche de tous les hommes.
ARLEQUIIf.
Hélas ! délivrez-moi de la prison.
LA PRINCESSE
Laisse-moi .
HORTENSE
Voulez-vous que je vous suive , madame ?
LA PRIKCESSE.
Non , madame , restez ; je suis bien aise d'être seule; mais ne vous écartez point.