ACTE I, SCÈNE I
les quitter, pour avoir voulu me partager entre les anciens et les modernes. Avais-je tort?
FRONTIN
Non -, tu avais observé toutes les règles de la prudence humaine. Mais je ne puis en écouter davantage. Je dois aller coucher ce soir à Paris , où Ton m'envoie, et je cherchais quelqu'un qui tînt ma place auprès de mon maître pendant mon absence; veux -tu que je te présente P
TRIYELIU.
Oui-dà. Et qu'est* ce que c'est que ton maître? Fait-il bonne chère? Car, dans l'état où je suis, j'ai besoin d'une bonne cuisine.
FRONTIN
Tu seras content; tu serviras la meilleure fille...
TRIVELIN
Pourquoi donc l'appelles-tu ton maître ?
FRONTIN
Ah ! foin de moi !... Je ne sais ce que je dis... je rêve à autre chose.
TRIVELIN
Tu me trompes, Frontin.
FRONTIN
Ma foi , oui , Trivelin. C'est une fille habillée en homme dont il s'agit. Je voulais te le cacher ; mais la vérité m'est échappée , et je me suis blousé comme un sot. Sois discret, je te prie.
TRIVBLIN.
Je le SUIS dès le berceau. C'est donc une intrigue ({ue vous conduisez tous deux ici , cette fiUe-lâ et toi ?
FRONTIN
Oui. (A part.) Cachons- lui son rang,(HaQt.) Mais la voilà qui vient ^ retire - toi à Técart , afin que je lui
parle. (TriTelintort.)