‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 264 sur 316 · ACTE I, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIL

femme • à cause de ses douze mille livres de rente.

tÉLIO.

Tant c{ue le cœur m*en dira.

liE CHEVALIER.

T'a-t-on dit qu'elle fût jolie ?

LÉLIO

On m*ëcrit qu'elle est beUe; mais, de Thumeur dont je suis, cela ne Tavançe pas de beaucoup. Si elle n'est pas laide , elle le deviendra , puisqu'elle sera ma femme ; cela ne lui peut manquer.

liE CHEVALIER.

^ Mais, dis-moi; une femme se dëpite quelquefois.

LÉLIO

Eq^cq çf\$-^à, j'ai, unp tqi^e éçaxtëe qui e$t le plus beau désert du monde , où u^id^qpq irait caj[mer son esprit de vengeance.

LE CHEVALIER

Obi dàs que tu asi un désert , à la bonne heure; voilà son ai&ire. Diantre ! l'âme se tranquillise beaucoup dans une solitude. On y jouit d'une certaine mélancolie, d'une douce tristesse, d'un repos de toutes les couleurs ; elle n'aura qu'à choisir.

L^LIO

Elle eu sera la maîtrâ9$e.

LE CHEVALIER

L'heureux tempérament ! Mais j'aperçois la corn-

tesse. Je te recommande une chose ; feins toujours de Taimer. Si tu te montrais inconstant , cela intéresse^ rait sa vanité ; elle courrait après toi , et me laisserait là.

LÉLIO

Je me gouvernerai bien ^ je vais au devant d*elle«

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