SCÈNE V
ARLEQUIN, TRIVELIN
TRIVELIW, à part.
Interrogeons un peu Arlequin là-dessus. (Haut.) Ah ! te voilà ! où vas-tu ?
Voir s'il y a des lettres pour mon maître.
TRIVELIN
Tu me parais occupé ; à quoi réves-tu ?
ARLEQUIN
A des louis d'or.
TRIVELIN
Diantre ! tes réflexions sont de riche étoffe.
48o LA FAUSSE SUIVANTE,
ARLEQUIN
Et je te cherchais aussi pour te parler.
TRIYELIN.
Et que veux-tu de moi ?
ARLEQUIH.
T'entretenir de louis d'or.
TRIVELIN
Encore des louis d*or ! Mais tu as une mine d'or dans la léte.
ARLEQUIIf.
Dis-moi , mon ami , où as^tu pris toutes ces pistoles que je t'ai vu tantôt tirer de ta poche pour payer la bouteille de vin que nous avons bue au cabaret da bourg? Je voudrais bien savoir le secret que tu as, pour en faire.
Mon ami , je ne pourrai guère te donner le secret d'en faire \ je n'ai jamais possédé que le secret de les dépenser.
ARLEQUIN
Oh ! j'ai aussi un secret qui est bon pour cela , moi-, je l'ai appris au cabaret en perfection.
TRIVELIN
Oui-dà, on fait son afiàire avec du vin, quoique lentement ; mais en y joignant une pincée d'inclination pour le beau sexe , on y réussit bien autrement.
ARLEQUIN
Ah ! le beau sexe, on ne trouve point de cet ingrédient-là ici.