‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 287 sur 316 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LÀ COMTESSE, LE CHEVALIER

LE CHEVALIER, iienl nn moment.

A tout hasard , continuons ce que j'ai commencé. Je prends trop de plaisir à mon projet pour l'abandonner; dût-il m'en coûter encore vingt pistoles, je veux tâcher d'en venir à bout. Voici la comtesse -, je la crois dans de bonnes dispositions pour moi ; ache-

vons de la délermiiier. (Hmi.) Vous me paraissez bien

triste , madame ; qa'avez-voos ?

LA COMTESSE, k psrt.

Éprouvons ce qu'il pense. (h»«i.) Je viens vous faire un compliment qui me déplaît; mais je ne saunûs m'en dispenser.

LK CHEVALIER

Ah ! notre conversation débute mal , madanie.

LA COMTESSE

Vous avex pu remarquer que je vous voyais ici avec plaisir; et, s'il ne tenait qu'à moi, j'en aurais encore beaucoup à vous y voir.

LE CHEVALIER

J'entends ; je vous épargne le reste , et je vais coucher à Paria.

LA COMTESSE

Ne vous en prenez pas à mot , je vous le demande en grâce.

LE CHEVALIER

Je n'examine rien; vous ordonnez, j'obéis.

LA COMTESSE

Ne dites point que j'ordonne.

LE CHEVALIER

Eh ! madame , je ne vaux pas la peine que vous voas excusiez , et vous êtes trop bonne.

Non , vous dis-je ; et si vous voulez rester , en vérité... VOUS êtes le maître.

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