‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 291 sur 316 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

LA COMTESSE

Ea voilà assez; rendez-moi ma main ; elle n'a que faire là ; vous parlerez bien sans elle.

LE CHEVALIER

Vous me lavez laisséprendre^ laissez-moi la garder.

LA COMTESSE

Courage ; j'attends que vous ayez fini.

LE CHEVALIER

Je ne finirai jamais.

LA COMTESSE

Vous me faites oublier ce que j'avais à vous dire ; f^ suis venue tout exprès , et vous m'amusez toujours. Revenons ; vous m'aimez , voilà qui va fort bien ; mais comment ferons - nous ? Lélio est jaloux de vous*

LE CHEVALIER

Moi , je le suis de lui ; nous voilà quittes.

Il a peur que vous ne m'aimiez.

LE CHEVALIER

C'est un nigaud d'en avoir peur; il devrait en être sûr.

LA COMTESSE

Il craint que je ne vous aime.

LE CHEVALIER

Et pourquoi ne m'aimeriez-vous pas ? Je le trouve 3. 32

4g8 LA FAUSSE SUIVANTE,

plaisant ! Il fallait lui dire qae vous m'aimiez , pour le guérir de sa crainte.

LA COMTESSE

Mais, chevalier, il faut le penser pour le dire.

LE CHETALIER.

Comment ! ne m'avez-vous pas dit tout à Fheure qne vous me ferez grâce ?

LA COMTESSE

Je vous ai dit : Peut - être.

LE CHEVALIER

Ne savais -je pas bien que le maudit peiU^-éire me jouerait un mauvais tour? £h ! que faites - vous dont de mieux, si vous ne m'aimez pas ? Est-ce encore Lélio qui triomphe ?

LA COMTESSE

Lëlio commence bien à me déplaire.

Qu'il achève donc, et nous laisse en repos.

LA COMTESSE

C'est le caractère le plus singulier !

LE CHEVALIER

: L'homme le plus ennuyeux !

LA COMTESSE

Et brusque avec cela , toujours inquiet. Je ne sais quel parti prendre avec lui.

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