ACTE III, SCÈNE II. 5ii
rien ; vous voyez bien que je ne vous ruinerai pas en interrogations.
LÉLIO
Si tu me dis la vérité , tu n'en seras pas fâché.
TRIVELIN
Sauriez - vous encore quelques coups de bâton k m^épargner ?
LÉLIO
Finissons.
TRI VELIN, •*«! «llinc.
J'obéis.
LÉLIO
Où vas- tu?
TRIVELIN
Pour finir une conversation , il n'y a rien de mieux que de la laisser là ; c'est le plus court , ce me semble.
LÉLIO
Tu m'impatientes, et je commence à me fâcher. Tiens- toi là^ écoute, et me réponds.
TRIVELIN, à part.
A qui en a ce diable d'homme -là?
LÉLIO
Je crois que tu jures entre tes dents?
TRI VELIN
Gela m'arrive quelquefois par distraction.
LÉLIO
Crois - moi, traitons avec douceur ensemble, Trivelin; je t'en prie.
5i2 LA FAUSSE SUIVANTE,
TRIVELIN
Oui^dà , comme il conyient à d'honnêtes gens.
LÉLIO
Y a-t-il long-temps que ta connais le cheyalier ?
TRIVELITf.
Non , c'est une nouvelle connaissance ; la vôtre et la mienne sont de la même date.
LÉLIO
Sais - tu qui il est ?
TRIVELIN
Il se dit cadet d'un' aîné gentilhomme ^ mais les titres de cet aîné , je ne les ai point vus ; si je les Yois jamais, je vous en promets copie.
LÉLIO
Parle -moi à cœur ouvert.
TRIVELIN
Je vous la promets, vous dis-je ; je vous en donne ma parole^ il n'y a point de sûreté de cette force -là nulle part.
Tu me caches la vérité ; le nom de chevalier qu^il porte est un faux nom.
TRIVELIN
Serait -il l'aîné de sa famille? Je l'ai cru réduit à une légitime ; voyez ce que c'est !
LÉLIO
Tu bats la campagne; ce chevalier mal nommé, avoue -moi que tu l'aimes.