ACTE III, SCÈNE II. 5i
' TRIVÈLIW.
£h ! je Taime par la règle générale qu'il faut aimer tout le inonde -, voilà ce qui le lire d'affaire auprès de moi.
LÉLIO
Tu t'y ranges avec plaisir, à cette règle-là.
TRIVELIN
Ma foi, monsieur, vous vous trompez^ rien ne me coûte tant que mes devoirs. Plein de courage pour les vertus inutiles, je suis pour les nécessaires d'une tiédeur qui passe l'imagination. Qu est-ce que c'est que nous ! N'êtes- vous pas comme moi, monsieur?
LÉLIO, arecd^pit.
Fourbe ! tu as de l'amour pour ce faux chevalier.
TRIVELIN
Doucement, monsieur-, diantre! ceci est sérieux.
LÉLIO
Tu sais quel est son sexe.
Expliquons -nous. De sexes, je n'en connais que deux^ l'un qui se dit raisonnable, l'autre qui nous prouve que cela n'est pas vrai. Duquel des deux le chevalier est -il?
LELIO, le prenant par le bouton.
Puisque tu m'y forces, ne perds rien de ce que je vais te dire. Je te ferai périr sous le bâton si tu me joues davantage -, m'entends - tu ?
5i4 Ï.A FAUSSE SUIVANTE,
THI VKLI».
Vous i3tes clair.
LÉLIO
Ne m'irrite point. J'ai dans cette aOàire- ci un intérêt de la deniiidru coast-quence ; il y va de au fortuue^ tu parleras, ou je te tue.
TBITELI».
Vous mi' tuerez si je ne parle ? Hétas ! moosieur , si les babillards ne mouraient point , je serais étemel , ou personne ne le serait.
LÂLIO.
Parle donc.
TRlVELIIf.
Donnez- moi un sujet; quelque petit qu'il soît, je m'en contente , et j'entre en matière.
LÉLIO, linnl WD <p<r.
Ah ! tu ne veux pas ! Voici qui te rendra plus docile.
TRIVELIN
Fi donc ! Savcz-Tousbien quevous me feriez peur, sans votre physionomie d'iionnête homme?
LÉLIO
Coquin que lu es !
TRIVELIK.
C'est mon habit qui est un coquin ; pour moi , je
suis un brave homme; mais avec cet ëquîpage-là, on
a de la probité en pure perte ; cela ne fait ni honneur
ni profit.
LÉLIO, HmtU^t-méfit.
Vn , jp tâcherai de me passer de l'aveu que je le