ACTE III, SCÈNE V
lél'io.
Ah ! je suis perdu.
LE CHEVALIER
Non ^ vous manquez votre proie , voilà tout ; il est vrai qu'elle était assez bonne ^ mais aussi pourquoi étes-vous loup ? Ce n'est pas ma faute. On a su que vous étiez à Paris incognito ; on s'est défié de votre conduite. Là -dessus on vous suit , on sait que vous êtes au bal ; j'ai de Tesprit et de la malice , on m'y envoie ; on m'équipe C(^mroe vous me voyez , pour me mettre à portée de vous connaître ^ j'arrive , je fais ma charge , je deviens votre ami, je vous connais, je trouve que vous ne valez rien ^ j'en rendrai compte ; il n'y a pas
un mot à redire.
LÉLro.
Vous êtes donc la femme de chambre de la demoiselle en question ?
LE CHEVALIER
Et voire très -humble servante.
JLÉLIO.
suis bien malheureux !
LE CHEVALIER
Et moi bien adroite! Mais, dites-moi, vous repentez - vous du mal que vous vouliez faire , ou de celui que vous n'avez pas fait ?
LÉLIO
Laissons cela. Pourquoi votre Aialice m a-t-elle encore ôté le cœur de la comtesse ? Pourquoi consentir
à jouer auprès d'elle le personnage que vous y faites ?
LE CHEVALIER
Pour d'excellentes raisons. Vous cherchiez à gagner dix mille écus avec elle , n'est-ce pas ? Pour cet effet, vous réclamiez mon industrie *, et quand j'aurais conduit l'affaire près de sa fin , avant de terminer je comptais vous rançonner un peu , et avoir ma part au pillage ; ou bien retirer finement le dédit d'entre vos mains , sous prétexte de le voir, pour vous le revendre une centaine de pistoles payées comptant, ou en billets payables au porteur -, sans quoi j'aurais menacé de vous perdre auprès de douze mille livres de renie, et de réduire votre calcul à zéro. Oh ! mon projet était bien entendu. Moi payée, crac, je décampais avec mon gain , et le portrait qui m'aurait encore valu quelque petit rçvenant-bon auprès de ma maîtresse. Tout cela joint à mes petites économies , tant sur mon voyage que. sur mes gages, je devenais, avec mes ^m^nens, un parti d'assez bonne défaite, sauf le loup. i?ai manqué mon coup, j*en suis bien fâchée; cependant vous me faites pitié, vous.
LÉLIO
Ah! si tu voulais.... *
LE CHEVALIER
Vous vient - il quelque idée ? Cherchez.
LÉLIO
Tu gagnerais encore plus que tu n'espérais.
LE chev|alier.
Tenez, je ne fais point rhyfxicrite ici-, je ne suis