LE CHEVALIER, LÉLIO, ARLEQUIN
ARLEQUIN
Je vous demande pardon si je vous suis importun, monsieur le chevalier 5 mais ce larron de Trivelin ne veut pas me rendre l'argent que vous lui avez donné pour moi. J'ai pourtant été bien discret. Vous m'avez prescrit de ne pas dire que vous étiez fille ; demandez à monsieur Lélio si je lui en ai dit un mot. 11 n'en sait rien, et je ne lui apprendrai jamais.
LE CHEVALIER
Peste soit du faquin ! je n'y saurais plus tenir.
ARLEQUIN, tristement.
Comment , faquin ! G est donc comme cela que vous m'aimez? (al^uo.) Tenez, monsieur, écoutez mes raisons ; je suis venu tantôt , au moment où Trivelin lui disait : Que tu es charmante, ma poule! Baise-moi* *— Non. ^* Donne -moi donc de l'argent.... Ensuite
Ti^
dont les agrëmensserontde quelque durée, si je IrooTe un mari qui me sauve le désert et le terme des quinze jours ; voilà ce que je suis, et , par-dessus le marché, presque aussi méchante que vous.
LÉLIO
Oh ! pour celui-là, je vous le cède.
LE CHEVALIER
Vous avez tort; vous méconnaissez vos forces.
LÉLIO
Qu'étes-vous venue faire ici ?
LE CHEVALIER
Tirer votre portrait, afin de le porter à certaine dame qui Tattend pour savoir ce qu'elle fera de IV riginal.
LÉLIO
Belle mission!
LE CHEVALIER
Pas trop laide. Par cette mission-là, c'est une tendre brebis qui échappe au loup, et douze mille livres de rente de sauvées, qui prendront parti ailleurs; petites bagatelles qui valaient bien la peine d'un déguisement.
LÉLIO
Qu'est-ce que c'est que tout cela signifie?
LE CHEVALIER
Je m'explique : la brebis, c'est ma maîtresse; les douze mille livres de rente, c'est son bien, qui produit ce calcul si raisonnable de tantôt ^ et le loup qui eût dévoré tout cela , c'est vous , monsieur.