ACTE I, SCÈNE VIL
COLOMBINë.
Oui-dà ^ je crois que nous trouverons plus de ressource à nous en divertir qu'à nous fâcher contre elle.
LÉLIO
Mais , qu'a-t-elle donc de si comique ?
LA COMTESSE
Ce qu'elle a de si comique? Mais y songez -vous, monsieur ? Vous êtes bien curieux d'être humilié dans vos confrères ^ Si je parlais, vous seriez tout étonné de vous trouver de cent piques au-dessous de nous. Vous demandez ce que votre espèce a de comique , qui j pour se mettre à son aise, a eu besoin de se réserver un privilège d^indiscrétion , d'impertinence et de fatuité ; qui suffoquerait si elle n'était babillarde , si sa misérable vanité n'avait pas ses coudées franches , s'il ne lui était pas permis de déshonorer un sexe qu'elle ose mépriser pour les mêmes choses dont l'indigne qu'elle est fait sa gloire. Oh! l'admirable engeance qui a trouvé la raison et la vertu des fardeaux trop pesans pour elle , et qui nous a chargées du soin de les porter ! Ne voilà-t-il pas de beaux titres de supériorité sur nous , et de pareilles gens ne sont-ils pas risibles ? Fiez -vous à moi, monsieur ; vous ne con-
■ Dans vos confrères. On ne dit ni d'un homme relatiTement aax autres hommes, ni de tous les hommes ensemble considërÀ dans leur sexe et par opposition aux femmes, qi^ik sont confrère». n fallait dire : Dans vos semblables, dans tes personnes de votre sexe.
naissez pas votre misère , j'oserai vous le dire. Vous voilà bien irrite contre les femmes \ je suis peut-être, moi, la moids aimable de toutes. Tout hérissé de rancune que vous croyez être , moyennant deux ou trois coups d'œil flatteurs qu*il m'en coûterait, grâce k la tournure grotesque de Fesprit de Thomme , vous m'allez donner la comédie > .
ff
Oh ! je vous défie de me faire payer ce tribut de folie-là,
COLOMBUVE.
Ma foi , madame , cette expérience-là vous porterait malheur.
LÉLIO
Ah ! ah ! cela est plaisant ! Madame , peu de femmes sont aussi aimables que vous ; vous Têtes lout autant que je suis sur que vous croyez Têtre ; mais s'il n'y a que la comédie dont vous parlez qui puisse vous réjouir , en ma conscience , vous ne rirez de votre vie.
COLOMBIIfE.
En ma conscience, vous me la donnez tous les deux, la comédie. Cependant, si j'étais à la place de
■ ^ous m'allez donner la comédie. Toute cette dëdamation eontre les homme* est la réponse â ceHe que Li^io s^est permise plas haut , dans la seconde scène, contre les femmes. Seulement la comtesse prend un pins long de'toar que Lëlio pour faire pressentir sa prochaine oonrersion. Cela derait être : L^io s^est explique derant son ▼alet; et la comtesse parle à Thomme qu'elle aime secrètement i^ et auquel elle a dtfjâ fait le sacrifice de sa prétendue indUférence.