‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 51 sur 316 · ACTE r, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE r, SCÈNE VII

madame y le défi me piquerait, et je ne voudrais pas en avoir le démenti.

LA COMTESSE

Non-, la partie ne me pique point, je la tiens gagnée. Mais comme à la campagne il faut voir quelqu'un j soyons amis pendant que nous y resterons \ je vous promets sûreté. Nous nous divertirons , vous à médire des femmes , et moi à mépriser les hommes.

LÉLIO

Volontiers.

GOLOMBIVE.

Le joli commerce ! on n*a qu'à vous en croire ; les hommes tireront à Torient , les femmes à Toccident; cela fera de belles productions , et nos petits neveux auront bon air. Eh ! morbleu ! pourquoi prêcher la fin du monde ? Cela coupe la gorge à tout ; soyons raisonnables. Condamnez les amans déloyaux , les conteurs de sornettes , & être jetés dans la rivière une pierre au cou ; à merveilles. Enfermez les coquettes en quatre murailles, fort bien. Mais les amans fidèles, dressez-leur de belles et bonnes statues pour encourager le public. Vous riez ! Adieu , pauvres brebis égarées -, pour moi , je vais travailler à la conversion d*Ârlequin. Â votre égard, que le ciel vous assiste! Mais il serait curieux de vous voir chanter la palinodie ; je vous y attends. (Eite «on.)

LA COMTESSE

La folle ! Je vous quitte , monsieur ; j ai quelques

ordres à donner. N'oubliez pas , de grice , ma recommandation pour ces paysans.

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