ACTE I, SCÈNE VIII
LÊLIO.
Oui ; qu'en veux-tu faire de ton histoire romaine ?
t£ BARON.
Te souviens-tu qu'un ambassadeur romain enferma Antioclius dans un cercle qu'il traça autour de lui, jst lui déclara la guerre , s'il en sortait avant qu'il eût répondu à sa demande ?
LÉLIO
Oui , je m'en ressouviens.
LE BARON
Tiens, mon enfant, moi indigne, je te fais un cercle à Timitation de ce Romain; et, sous peine des vengeances de l'Amour , qui vaut bien la république de Rome, je t'ordonne de n'en sortir que soupirant pour les beautés de madame ; voyons si tu oseras broncher.
L É L I O , passant 1« cercle .
Tiens, je suis hors du cercle ; voilà ma réponse : va-t'en la porter à ton benêt d'Amour.
LA COMTESSE
Monsieur le baron, je vous prie, badinez tant qu'il vous plaira , mais ne me mettez point enjeu.
LE BARON
Je ne badine point , madame*, je vous le cautionne garrotté à votre char ; il vous aime de ce moment-ci , il a obéi. La peste! vous ne le verriez pas hors du cercle ; il avait plus de peur qu'Antiochus.
LÉLIO, riant.
Madame , vous pouvez me donner des rivaux tant quil vous plaira; mon amour n'est point jaloux.
LA COMTESSE, emiMmMtfc.
Messieurs, j'entends volontiers raillerie; mais cessons pourtant.
LE BAR09
Vous montrez là certaine impatience qui pourra venir à bien ; faisoufr-la profiter par un petit tour de cercle. ( n renremc ausa.)
LA COMTESSE, •ortantdn carcla.
Laissez -moi; qu'est-ce qae cela signifie, baron? Ne lisez jamais Thistoire , puisqu'elle ne vous apprend que des polissonneries > .
LE BAROH.
Je VOUS demande pardon ; mais vous aimerez , s'il vous plaît, madame. Lélio est mon ami , et je ne veux point lui donner de maîtresse insensible.
LA COMTESSE, •tfrieaMment.
Cherchez -lui donc une maîtresse ailleurs; car il trouverait fort mal son compte ici.
LÉLIO
Madame, je sais le peu que je vaux ; on peut se dis-
■ Puisqw^elU ne voiu apprend que des polUsonneriei, Le terme est dar et de maoTaîs ton. La oomte^se youlait et derait dire : De méekanteê plaisanteries.