‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 62 sur 316 · ACTE II, SCÈNE III. io · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. io

GOLOMBINE.

Puisqu'on ne peut avoir Thonnenr de ta compagnie qu'à ce prix -là, je le veux bien^ promenons -nous.

CA part, et en m promenant, comme Arleqain fait de ion c6ttf.) 1 OUt BU

badinant, cependant, me voilà dans la fantaisie d'être aimëe de ce petit corps-là.

AKLEQniIC, déconcerté, et le promenant de son côté.

C'est une malédiction que cet amour ^ il m'a tourmenté quand j'en avais , et il me fait encore du mal à cette heure que je n'en veux point. Il faut prendre patience et faire bonne mine. ( ii cUnte.)

GOLOMBINE, Tarrétaot.

Mais , vraiment , tu as la voix belle. Sais- tu la mu* sique ?

ARLEQUIN, s'arrétant aoML

Oai, je commence à lire les paroles.

(Il chante de nouveau, ) GOLOMBINE, continuant de se promener.

Peste soit du petit coquin! Sérieusement je crois qu'il me pique.

ARLEQUIN

Elle me regarde ; elle voit bien que je fais semblant de ne pas songer à elle.

GOLOMBINE.

Arlequin ?

ARLEQUIN

Hum!

GOLOMBINE.

Je commence à me lasser de la promenade.

io6 LA SURPRISE DE L*AMOUR,

ARLEQUIV.

Cela se peut bien. ,-

GOLOHBIIIB.

Comment te va le cœur ?

ARLEQUIN

Ah ! je ne prends pas garde à cela.

COLOHBINE.

Gageons que tu m'aimes ?

ARLEQUIN

Je ne gage jamais; je suis trop malheureux, je perds toujours >.

GOLOMBINE, •lUntiluL

Oh ! tu m'ennuies \ je veux que tu me dises franchement que tu m'aimes.

ARLEQUIN

Encore un petit tour de promenade.

GOLOMBINE.

Non ; parle , ou je te hais.

ARLEQUIN

Et que t'ai -je fait pour me haïr?

GOLOMBINE.

Savez-vous bien, monsieur le butor, que je vous

■ Je suis trop malheureux , je perds toujoun. C'est an area dTaotant plos agréable i Colombine, qa*il semble échapper â la naïveté oonTenue da personnage. Qn'un autre qu*Arleqttin dise la même chose, ce sera nn trait d*espnt, et rien de plus.

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