‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 86 sur 316 · LÉLIO, COLOMBINE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

LÉLIO, COLOMBINE, ARLEQUIN

ARLEQUIN

So5 cœur va-t-il bien ?

COLOMBINE

Oh ! je te réponds qu'il va grand train. Mais voici ton maître^ laisse* moi faire.

LÉLIO

Colombine , où est madame la comtesse ? Je souhaiterais lui parler.

GOLOMBIirE.

Madame la comtesse va, je pense, partir tout à l'heure pour Paris.

Quoi l sans me voir ? sans me l'avoir dit ?

COLOMBINE

C'est bien à vous à voir cela ! N'avez-vous pas dessein de vivre en sauvage ?De quoi vous plaignez-vous ?

LÉLIO

De quoi je me plains? La question est singulière, mademoiselle Colombine ! Voilà donc le penchant que vous lui connaissiez pour moi ! Partir sans me dire adieu ! Et vous youles que jewis un homme de bon sens, et que je m'accommode de cela , moi ! Non , les procédés bizarres me révolteront toujours.

COLOMBINE

Si elle ne vous a pas dit adieu , c'est qu'entre amis on en agit sans façon.

LÉLIO

Amis! Oh ! doucement; je veux du vrai dans mes amis, des manières franches et stables, et je n'en trouve point là. Dorénavant je ferai mieux de n'être ami de personne \ car je vois bien qu'il n'y a que du faux partouL

COLOMBINE

Lui ferai -je vos complîmens ?

ARLEQUIN

Cela sera honnête.

Et mot, je ne suis point aujourd'hui dans le goût ' d'être honnête ; je suis las de la bagatelle.

COLOMBINE

Je vois bien que je ne ferai rien par la feinte ; il vaut mieux vous parler franchement. Monsieur, madame la comtesse ne part pas ; elle attend , pour se déterminer , qu'elle sache si vous l'aimez ou non ; '

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