LÉLIO, COLOMBINE, ARLEQUIN
ARLEQUIN
So5 cœur va-t-il bien ?
COLOMBINE
Oh ! je te réponds qu'il va grand train. Mais voici ton maître^ laisse* moi faire.
LÉLIO
Colombine , où est madame la comtesse ? Je souhaiterais lui parler.
GOLOMBIirE.
Madame la comtesse va, je pense, partir tout à l'heure pour Paris.
Quoi l sans me voir ? sans me l'avoir dit ?
COLOMBINE
C'est bien à vous à voir cela ! N'avez-vous pas dessein de vivre en sauvage ?De quoi vous plaignez-vous ?
LÉLIO
De quoi je me plains? La question est singulière, mademoiselle Colombine ! Voilà donc le penchant que vous lui connaissiez pour moi ! Partir sans me dire adieu ! Et vous youles que jewis un homme de bon sens, et que je m'accommode de cela , moi ! Non , les procédés bizarres me révolteront toujours.
COLOMBINE
Si elle ne vous a pas dit adieu , c'est qu'entre amis on en agit sans façon.
LÉLIO
Amis! Oh ! doucement; je veux du vrai dans mes amis, des manières franches et stables, et je n'en trouve point là. Dorénavant je ferai mieux de n'être ami de personne \ car je vois bien qu'il n'y a que du faux partouL
COLOMBINE
Lui ferai -je vos complîmens ?
ARLEQUIN
Cela sera honnête.
Et mot, je ne suis point aujourd'hui dans le goût ' d'être honnête ; je suis las de la bagatelle.
COLOMBINE
Je vois bien que je ne ferai rien par la feinte ; il vaut mieux vous parler franchement. Monsieur, madame la comtesse ne part pas ; elle attend , pour se déterminer , qu'elle sache si vous l'aimez ou non ; '