‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 93 sur 316 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

LÉLIO

Pas trop ! si j*osais interpréter ce mot -là....

LÀ COMTESSE

Et que trouvez - vous donc qu'il signifie ?

LÉLIO

Ce qu'apparemment vous n'avez pas pensé.

LÀ COMTESSE

Voyons.

LÉLIO

Vous ne me le pardonneriez jamais.

LÀ COMTESSE

Je ne suis pas vindicative.

LÉLIO, à part.

Ah ! je ne sais ce que je dois faire.

LÀ COMTESSE, d'an air impatient.

Monsieur Lélio, expliquez-vous , et ne vous attendez pas que je vous devine.

LÉLIO, à genoux.

Eh bieu! madame, me voilà expliqué.... M entendez-vous? Vous ne répondez rien.... Vous avez raison; mes extravagances ont combattu trop long-temps contre vous, et j'ai mérité votre haine.

Levez -vous, monsieur.

LÉLIO

Non j madame \ condamnez-moi , ou faites-moi grâce.

i58 LA SURPH. DE L*AMODR, ACTE III, SC. VL

LA COMTESSE, coafiue.

Ne me demandez rien à présent ; reprenez le por-* trait de votre parente, et laissez -moi respirer.

ARLEQUIN

F'wat ! Enfin, voilà la fin.

GOLOMBINfi.

Je suis contente de vous , monsieur Lëlio*

PIERRE

Parguienne ! ça boute la joie au cœur.

LELIO

Ne vous mettez en peine de rien, mes enfans ; j'au-^ rai soin de votre noce.

PIERRE

Grand marci -, mais , morgue ! pisque je sommes en joie , j'allons faire venir les ménétriers que j^avons retenus.

ARLEQUIN

Colorabine , pour nous , allons nous marier sans cérémonie.

Avant le mariage , il en faut un pea ; après le mariage, je t'en dispense ^

■ ^prè» le mariage f je t*en dispense. Le dënoaement, pr^va depuis long- temps, est brusque et tourne no peu court. Ce qui est génëralement un défaut est ici un artifice dont il faut savoir gré à Marivaux. Rien n^est plus fatigant qa^iine situation prolongée, quand elle est connue d^ayance. La yue distincte du but, surtout après un assez long TOjage, redouble Timpatience que Ton e'prouve de {^atteindre.

DIVERTISSEMENT'

LE CHANTEnR.

J B ne crains point que Mathnrine S'amase â me manquer de foi; Car êrèa que je yois dans sa mine Qaeaque indifférence envars moi , Sans li demander le pourquoi, Je laisse aller la pèlerine ; Je ne dis mot, je me tiens coi :

Je batifole avec Claudine.

En Tojant ça, la Math urine Prend du souci , rêve a part soij

Et pis tout d'un coup la mutine Me dit : J'enrage contre toi.

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