‹ OEuvres completes de MarivauxChapitre 22 sur 49 · VINGT-UNIÈME FEUILLE · texte numérisé non relu

VINGT-UNIÈME FEUILLE

Ua inconnu m'envoya, il y a quelques jours, un paquet que mon valet reçut pendant mon absence; j'y ai trouvé un manuscrit contenant la vie de ce niêmc inconnu, avec une lettre qu'il est inutile de rapporter tout entière, et dont je ne donnerai ici qu'une partie; la voici.

' Je ne êait pourquoi je n'ai pittque rien dit du pertonnage d'Inèi, Oeit qu'lncs n'occupe paa dmi U pii'cc b?»ucoiip plui Ai: pUce qu'un autre pertonnage. L'irt ne nous dit |iui(il que ce toit In une fiulej mab le laToir-faîre i)e nos jour* trouverait que c'tit un gniDi) lort. On ne Iraviille guère aajourd'hui que pour un luccèn ^|ihéniére,et □□ «t assure de l'obtcuir en lacriGant tout à uu seul râle, que l'on confie à un acteur ou n une actrice de Ulent ou de Hpulation. Encore un mot. Inès de Canro fut reprëfeolée pour la premiérE fois le 6 avril 17^3. Ceci achève de nous faire connaître ■Uns quel temps Mariviui Privait son Spectateur.

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« MoNSIEtJll,

a Puisque vous vous appliquez à connaître les hommes, n'y en eût- il qu un seul entre cent mille qui dût profiter de vos recherches , votre ëlode ne dût- elle avancer que vous dans la sagesse, ne contribuât-elle qu'à perfectionner votre raison , le peu de progrès que j'ai fait moi-même dans cette ëtude, me persuade que je dois , si je puis, aider au progrès que vous y pouvez faire. Le secours que j'ai à vous donner, c'est l'histoire de ma vie *, si vous ne trouvez pas à propos de la produire telle qu'elle est, du moins y puiserez -vous des réflexions qui vous seraient peut-être échappées. Dans tout le cours de mes aventures, j'ai été mon propre spectateur, comme le spectateur des autres; je me suis connu autant qu'il est possible de se connaître; ainsi , c'est du moins un homme que j'ai développé. Quand j'ai comparé cet homme aux autres, ou les autres à lui , j'ai cru voir que nous nous ressemblions presque tous; que nous avions tous à peu près le même volume de méchanceté, de faiblesse et de ridicule; qu'à la vérité, nous n'étions pas tous, aussi fréquemment les uns que les autres, faibles, ridicules et méchans ; mais qu'il y avait pour chacun de nous des positions où nous serions tout ce que je dis là , si nous ne nous empêchions pas de l'être.

« Quoi qu'il en soit, monsieur, disposez comme il vous plaira de ce que je vous envoie , et continuez votre travail ; de tous les usages qu'on peut faire de son esprit , le plus louable, et peut-être le seul utile, c'est

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celui que vons faites du vôtre. Laissez i certaiiâ savans, je veux dire aux faiseurs de systèmes, à ceux que le vulgaire appelle philosophes , laisses-lear entasser méthodiquement visions sur visions , en raisonnant sur la natnre des deux substances, on sur d'antres choses pareilles. A quoi serrent leurs métUtations là-dessus, qu'à multiplier les preuves que nous avons dëja de notre ignorance invîncâble? Noua ne sommes pas dans ce monde en ntnation de devenir savans ; nous ne sommes encore que l'objet , ou ptutât le sujet de cette science que nous voudrions avoir. Jusquelà soumettons notre orgueil j sa curiosité ne trouverait pas ici son compte ; tout en nous est disposé pour la confondre. L'envie que nous avons de nous connaître n'est sans doute qu'un avertissement que nous nous connaitrons un jour, et que nous n'avons rien à faire ici, qu'à titcher de nous rendre avantageux ce développement futur des mystères de notre existence. L'impossibihlé de les comprendre ne les détruit point, et n'en empêche pas les conséquences ; de la manière dont nous les ignorons , il nous est aussi peu possible de les nier que de les comprendre ; et ne pouvoir tes nier, c'est en connaître ce qu'il nous faut , pour en craindre le dénouement, et pourprendre garde à nous. « Voilà où nous en sommes. Ne nous révoltons point contre celte admirable économie de lumière et d'obscurité que la sagesse de Dieu observe en nous à cet égard-, en un mot, ne cherchons point à nous comprendre; ce n'est pas là notre tâche. Interrogeons les hommes-, ils nous apprendront quelle elle doit être.

Qu'exigent-ils de moi? qu'est-ce que j'exige d'eux? Quelle est la fonction dont ils ont le plus besoin que je m'acquitte envers eux? quelle est celle dont j'ai le plus besoin qu'ils s'acquittent envers moi? voilà ce qu'il faut décider, ce me semble. Soyez bon et vertueux avec moi, me dit tout homme quelconque. Soyez de même à mon égard , dis-je à tout homme à mon tour. Toutes nos voix ne forment là-dessus qu'un écho ^ mais de la science dont je parlais tout à l'heure, pas un mot.

a Laissons donc là cette science que personne ne me demande , que je ne demande à personne , et que toutes nos lumières nous refusent. Faisons l'ouvrage qui nous est indiqué. Soyons bons et vertueux; on apprend si aisément à le devenir! Ce que je voudrais raisonnablement qu'un autre fit pour moi, ne le fit-il point , m'enseigne ce que je dois faire pour lui ; voilà toute la science dont il s'agit, voilà la seule qui soit nécessaire \ elle est à la portée de tous les hommes, et n'exige presque aucuns frais d'étude. Il est vrai qu'elle est d'une pratique dillicile \ mais pourquoi presque toutes nos lumières n'aboutissent-elles qu'à nous en donner des leçons, si nous ne sommes pas nés pour la pratiquer? Nous regorgeons là-dessus, si j'ose le dire, d'instructions intérieures et pressantes-, carenfin^ que l'homme sans honneur et sans religion me réponde, si toutefois il est vrai qu'il y. ait de ces gens-là. Quand je dis à l'homme à qui j'ai affaire : Traitez-moi avec justice, écoutez la voix de votre conscience, que pensé -je en disant cela? Je regarde celte con$cienc*e, 9- »4

à laqnelle je veux le readre attentif, on comme li règle sacrée de ses «ctions , oa comme on gnide imposteur qui va, s'il le sait, l'^arer à mon avantage, et n'en faire qu'un imMcile. Si elle est la règle de ses actions, ma conscience est donc aussi la règle des iniennes; si c'est no gnide imposteur qu'il n'appartient qu'aux imb^dles de suivre, il n'y aura donc d'homme sage qne celai qui expliquera toutes les idées de justice k coatre-seos. Eh ! oà en sommesnous , si la véritable sagesse n'est qu'un esprit de brigandage? Toutes nos lois ne sont donc établies que pour faire des dupes; on punit donc un sage, quand on punit un fripon \ le plus criminel est donc le plus raisonnable, et l'homme vertueux n'est qu'un sot, qu'une misérable dupe de sa raison ; il devrait en rebuter les inspirations, y substituer des idées meurtrières et subtiles, et se persuader ainsi qu'il faut être un coquin, pour remphr sa véritable charge dans ce monde.

aQuelIeétrangesagessequecellequ'onnepeutavoir qu'en prenant le contre-pied de toutes ses lumières naturelles, qu'en se disant à soi-même : Cet esprit de justice que je trouve en moi, que je trouve dans les autres, qui fait ma sûreté et la leur, cet esprit n'est qu'illusion! Quelle étrange sagesse, encore une l'ois, que celle qui apprend à détruire l'ordre conservateur de ce monde; que celle qu'on ne peut soiiflrir dans les autres , et que les autres ne peuvent soiitlVir en nous; que celle enfin dont on est obligé de poursuivre , <le déshonorer, d'étoufler les sectateurs !

- « Q est vrai que nous naissons tous méchans ^ mais cette mëchanceté , nous ne l'apportons que comme un monstre qu*il nous faut combattre. Nous la connaissons pour monstre, dès que nous nous assemblons; nous ne sommes pas pi us tôt rëunis en sociëlë, que nous sommes frappés de la nécessité d'observer un certain ordre, qui nous mette à Fabri des effets de nos mauvaises dispositions; la raison, qui nous montre cette nécessité, est le correctif de notre iniquité mcme. Cet ordre donc, une fois prouvé nécessaire pour la conservation générale , devient, à ne parler même qu humainement, un devoir indispensable pour chacun de nous -, car nous frémissons d'horreur à Fidée seule de ce qui arriverait, si cet ordre n'existait plus.

a II faut que mon prochain soit vertueux avec moi , parce qu'il sait qu'il ferait mal s'il ne l'était pas; il faut que je le sois avec lui , parce que je sais la même chose. Malheur à qui rompt cecontrat de justice, dont votre raison et la mienne , et celle de tout le monde , se lient, pour ainsi dire, ensemble, ou plutôt sont déjà liées dès que nous nous voyons, en quelque endroit que nous nous voyions, et sans qu'il soit besoin de nous parler ! Ce contrat m'oblige , même avec l'homme qui ne l'observe pas à mon égard. Ce n'est pas une loi conditionnelle et particulière faite avec lui , loi qui serait inutile, impuissante, et malgré laquelle notre corruption reprendrait bientôt son empire féroce. Non ; c'est un contrat de nécessité absolue, passé pour jamais avec l'humanité, avec tous les hommes ensemble, et par tous les hommes en général , qui l'ont tou-

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jours ratifie , et qui le ratifieront toajoQn. Bfalhear dune à qui n'observe pa> , intant qu'il est en soii' pouvoir, cette loi du bon senb aDiTene],.devenae juste par la nécessite qu'il y a,df la suivre ! Celai de ({ui je tiens mes lumièrea ma reprochera de l'avoir violtïe, et je serai condamné encore an tribniial de ma conscience; car j'ai dâ être averti par elle que non bien, ma vie, tout ceqaejepossède, sontaatantde bienfaits résultant de robservalion générale de celte loi, ctqui me seraient arrachés, ntontlemondeétait aussi médtant que j'ai foulu l'être.

0 Que les coutumes , que les usages particuliers dés hommes soient défectueux, cela se peut bien; aussi ces usages sont-ils de la pure invention îles hommes , aussi ces coutumes sonl-eUes aussi variées qu'il y a de nations diverses ; mais cette loi , qui nous prescrit d'être justes et vertueux, est partout la même; les hommes ne l'ont pas inventée, ils n'ont fait que convenir qu'il fallait la suivre, tulle que la raison, ou Dieu même, la leur présentait et la leur présente toujours d'une manière uniforme. Il n'a pas élu nécessaire que les hommes aient dit ; Voilà comment il faut être juste et vertueux; ils ont dit seulement : Soyons justes et vertueux. Cela leur a suffi; cela s'entend partout, et n'a besoin d'explication dans aucun pays. En quelque endroit que j'aille, je trouve dans la conscience de tous les hommes une uniformité de savoir sur ce chapitre-là qui convient à tout le monde. Si j'ai des besoins ou des întéiéts qui me soient personnels et

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particuliers , je n*ai qu'à les dire , et Ton sait tout d'un coup ce qu'il me faut.

« Mais c'est assez parler de justice et de vertu *^ j'en reviens, monsieur, à vous exhorter de poursuivre un travail qui ne tend qu'à faire ressouvenir les hommes de leurs véritables devoirs, etc. »

Je supprime ici de la lettre de l'inconnu plus que je n'en donne -, mais ce qu^il en reste nous mènerait trop loin. J'ai lu d'un bout à l'autre ses aventures, et je les ai trouvées si instructives, et en même temps si intéressantes, que j'ai résolu de les donner, quelque longues qu'elles soient ; elles rempliront bien dix-huit à vingt de mes Feuilles. Je les regarde comme des leçons de morale, d'autant plus insinuantes, qu'elles auront l'air moins dogmatiques, et qu'elles glisseront le précepte à la faveur du plaisir qu'on aura , je crois , à les lire. Cependant je pourrai de temps* en temps en suspendre la suite pour une quinzaine , et traiter alternativement quelques-uns de mes sujets ordinaires. Voici maintenant par où commencent ces aventures.

' Mais c'est assez parler de justice et de vertu. Il peut être asses piquant, après la lecture du morceau qui précède , de relire cette brillante et chaleureuse argumentation dans laquelle Rousseau , par la bouche du vicaire savoyard, établit la distinction du bien et du mal sur la base immuable de la conscience. Ce n^est pas que^ dans cette circonstance surtout et dans une pareille matière, Ton s^ayise de comparer Marivaux au philosophe de Genève ; mais il y a quelqneintérèt et <[ue1que proGt pour Part , à observer comment le même système moral a été développé et défendu par deux esprits d^une nature si difle'renlc.

3i4 LE SPECTATEUR

■ Je suis né dans lêi Gaules, d*jin« fimine amet médiocre, et de parens qni, poar tout héritage, ne me laissèrent que des exemples àe vertu t.iaÏTre. Mon père , par sa conduite , était parrenq k des emplois qn'it exerça arec beaucoup jd'boDQear, et qni avaient déjà rendu sa fortaQB.Mies'brillBDte, quand une longue maladie, en le lais^t trës-infiraie, l'obligea de les quitter dans un Sgepeo avancé. A pane s'en fut-il défait, qu'âne baoqneroote sobïte loi en- , leva les deux tiers de ce qu'il avait acquis. II. ne loi resta pour tonte ressource qa'on bien de camfia^ie d'un très- médiocre revena, ofiil alla vivre, oti plutôt languir, avec sa petite famille , composée de ma mère, de ma sœur, qui avait dix-sept ans, et de moi, qui en avais près de seize, et qui sortais de mes classes.

« Ma mère, qui avait une extrême tendresse pour ses enfans, et qui les voyait pauvres, soutînt d'abord notre malheur avec moins de force que mon père. Toute vertueuse qu'elle était, son esprit parut entièrement succomber sous le coup qui venait de nous frapper. Dès qu'elle fut à la campagne, la dure économie qu'il fallut y garder pour vivre; le retrancliement total de mille petites délicatesses dont elle nous avait laissés prendre l'habitude , et dont elle nous voyait privés; le chagrin de voir ses chers enfans devenus ses domestiques, et changés, pour ainsi dire, en valets de campagne; enlîn je ne sais quelle tristesse muette et honteuse qu'elle remarquait en nous, tristesse dont la misère empreint d'ordinaire le visage

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des honnêtes gens, et qui fait plus de peine à voir aux personnes sensibles que la douleur la plus declarëe; tout cela jetait ma mère dans ufne affliction dont elle n était pas la maîtresse. Elle ne pouvait nous regarder sans pleurer. Mon père , qui l'aimait, et à qui nous étions chers, s'enfuyait quelquefois pour ne pa3 voir ses larmes , et quelquefois ne pouvait à son tour s'empêcher de pleurer avec elle.

<c Un jour que je revenais sur le soir de cueillir quelques fruits dans un petit verger que nous avions, \e surpris mon père et ma mère qui se parlaient auprès de notre maison , et je les écoutai à la faveur d'une haie qui me cachait. J'entendis que ma mère soupirait, et que mon père s'efforçait de calmer sa douleur..

a Dans les premiers jours de notre infortune, lui disait -il, je n'ai point condamné l'excès de votre affliction. Vous vous y êtes abandonnée-, je ne vous ai rien dit. Il n'est pas étonnant que la raison plie d'abord sous de certains revers; les mouvemens naturels doivent avoir leur cours. Mais on se retrouve après cela^ on revient à soi, on s'apaise; et vous ne vous apaisez point ! J'ai dévoré mes chagrins autant que j'ai pu, de peur d'augmenter les vôtres. Pour vous, vous ne me ménagez point, vous m'accablez, vous me faites mourir, et vous ne vous en souciez pas. J'aime nos enfans autant que vous les aimez; j'ai été aussi sensible que vous au malheur qui leur ôte ce que j'espérais leur laisser-, d'ailleurs, je suis infirme; suivant toute apparence, vous me survivrez, vous

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resterez bien à plaîadre, et Tom anm de II peine à vivre. Que croyex-Toas qu'il se passe daiu mon oocnr, quand j'envisage ce que je tous dû lil ? Depnia trente ans que je vis avec vous dans une si grande union , n'ai-je pas appiis à m'intéresser à ce qui vous r^arde? n'avez -vous pas en le temps dé' me devenir chère? Mes chagrins, tels qa'ils sont, ne me suifisenb-ils pas? voulez-vous tonjonn en redoubler l'amertume? Mes forces diminuent tons les Jonrs; la fin de ma vie n'est que trop persécutée, ne eontribuez point à h rendre plus triste. Tons irez toujours en de ta religion^ j'espérais que vous me consoleriez, que nous nous consolerions l'un l'autre; mais tout me manque à la fois. Dieu veut apparemment que je meure environnt^ de trouble et de désolation. Il m'a ôlé mes biens et ma santé, et vous m'ôtez la satisfaction de TOUS voir soumise à sa volonté. C'était là le seul bien qui pouvait me rester, la seule paix que mon coeur pouvait encore goûter; votre vertu me la promettait; mais tout m'est refusé , il faut que l'affliction me suive jusqu'au tombeau, et que Dieu m'éprouve jusqu'au dernier moment de ma vie.

« Je n'entendis après ces mots qu'un mélange confus de soupirs qui me glacèrent le cœur. Ensuite ils recommencèrent à se parler, mais très-bas, et comme en se promenant; ce qui me fit perdre ce qu'ils disaient. J'allais donc me retirer, quand mon père haussa un peu plus la voix , et je m'arrêtai.

« Ne vous embarrassez point de nos enfans, dit-il'; mon Bis a des sentimens d'honneur, et sa sœur est

nëe vertueuse; ne songeons qu'à cultiver ces heureuses dispositions. Depuis le malheur qui nous est arrivé, j'ai découvert en eux un caractère qui me charme. Ils vous ont vue pleurer du peu de fortune que nous leur laisserons, ils m'en ont vu affligé moimême; vos pleurs et mes chagrins ne sont pas demeurés sans reconnaissance*, leur cœur y a répondu, et notre affliction pour eux a réchauffé leur tendresse pour nous ; je l'ai remarqué dans mille petites choses, et je vous avoue que cela me donne une grande idée d'eux. Mettons à profit cet attencjrissement où notre amour les a mis pour nous. Voici l'instant de leur donner des leçons; jamais leur cœur n'y sera plus docile. Ils sont infortunés et attendris; il n'y a point de situation plus amie de la vertu , que celle où ils se trouvent. »

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