‹ OEuvres complètes de MarmontelChapitre 101 sur 117 · L/VRE XIX · texte numérisé non relu

L/VRE XIX

en arfestation le 3 octobre 1798 ; et trois des anciens terroristes , convaincus des excès qu'ils avaient commis à Nantes ^ furent condamnés à la peine de mort. L'acte d'accusation fut prononcé contre Foiiquîer - Taînville , accusateur public ^ et il fut condamné avec quinze de ses complices. En même temps CoUot -» d'Herbois , Barrère et Billaud de Yarenne furent mis en ju-^ gement.

£n6n la convention toute entière prêta leser-^ ment de poursuivre jusqu'à la mort les continua-* leurs de Robespierre.

Les jacobins semblaient aux abois* Des jeunes gens rassemblés dans le jardin du Palais-Royal j avaient brûlé un mannequin dans le costume du jacobinisme , et en avaient porté les cendre» dans Tégout Montmartre ^ avec cette inscription sur Tume funéraire : Panthéon des jacobins du 9 Thermidor.

Telle était cependant l'inquiétude de l'assemblée , que y parmi tous ceâ actes de vigueur , elle ne laissa pas de donner un signal d'alarme et de détresse. Car j'appelle ainsi le décret , où , prévoyant le cas de sa dissolution , elle arrêtait a que , ce cas arrivant , tous les représen- » tans qui auraient pu écliapper au fer parri- )» cide, se réuniraient au plus tôt à Cbâlons-suryf Marne. » L'événement prouva qu'il avait été bien prévu.

Le I'' prairial , des femmes du peuple ayant forcé les portes de la salle de l'assemblée 5 avec des cris et des insultes qui interrompirent les délibérations , à l'instant les hommes en foule y

Îiénétrèrent avec elles, et la tête d'un des députés àt portée sur le bureau. C'en était fait si le

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peuple avait pfofiié du mouieutâ^époUyanle avait répandue ^ m^i^ les révoltés s'amusaiÊit à ft'einpar^ des aiég^qu <m leur abaudonnatt, Tua d'euK appelé Romme eut Timprudente vanité 4^ s'asseoir ^ur le fauteuil du président , et de perdre le temps k y pronoocer des décrets. Par ces décrets , il ordonnai t rarrestatioa des membres d^ comités du gauvemement , Télargissement de tous les détenus depuis le 9 thermidor , le xappe) de Barrère , de Collôt*d'Herbois et de BillauddeVarenne. Cette folle jactance d'autorité endormit la fureur du peuple ; et , tandis qu'iU donnait des lois , Vun dea députés entre dans la salle à la tète de la force armée , cbaase et dis^ perse la multitude , e| rend à rassemblée le courage et la liberté.

Dès lors le sang des terroristes recommença de Qouler à grands flots \ et les moteurs de la sédition populaire furent exécutés en présence du peuple.

Ainai , eatee U despotisme et ranaroUe , la fcrce armée était le scâil arbitre , et les obefs du parti vaincu allaient périr ^ur Téchafaud.

Ce ne fiit qu'un speotacle pour la saîne partie de la nation , qui redoutait également Tanarcbie et le despotisme.

On sentit en6n la nécessité de régénérer la république y en ckangeant , non le fond , mais la forme d'im gouvernement républicain de nom et réellement despotique , et en feignant de diviser les pouvoirs pour tes balancer. Tel fut l'objet et l'artifice de la nouvelle constitution. Dans ce simulacre de lob fondamentales , qu'une commission fîit cbargée de fabriquer , et qu'elle présenta le 5 messidor de l'an III , deux conseîla

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de législation et un directoire eKécutif compo* saient le corps dépositaire de la puissance nationale.

Les deux conseils, Pun de cinq cents etTautre de deux cent cinquante députés, choisis tous les ans à la pluralité des voix dans les assemblées électorales , étaient revêtus du pouvoir , Vun de >roposer , et Tautre d^accepter , de sanctionner es lois ou de les refuser , comme étant le régulateur , le modérateur de celui qui en avait seul rinitiative. Jusque-là l'intérêt public, si les choix étaient libres et assez éclairés, pouvait être en de bonnes mains \ mais , à ces deux conseils on ajouta un directoire exécutif, armé de la force publiaue , pour maintenir Tordre et les lois ^ et te fut là que s'établit et se retrancha le despotis-* me le plus absolu et le plus tyrannique dont on ait jamais vu d^exemple.

Les cinq membres qui composaient le directoire devaient être pris dans fe nombre de cinquante candidats que proposerait le conseil des cinq cents , et c^était au conseil des deux cent cinquante ( dà des anciens) qu'il appartenait de les choisir.

Ces pentarques seraient successivement amovibles 3 d'abord un tous les ans devait être exclu et remplacé par la voie du sort \ et dans la suite chacun ne sortirait qu*au bout de ses cinq ans de règne et dans Tordre de succession.

Delà vint, pour le dire en passant, que les habiles ne se pressèrent pas d être du nombre des élus que le sort pouvait exclure au bout d'un ou deux ans , et qui d'ailleurs devaient courir les risques d'une première tentative*

Mais tous avaient droit de prétendre à ces

ëminenteis dignités de l'état , et d*y passer plus d'une fois. Aussi leur premier soin avait-il été de composer la commission des rédacteurs de l'acte constitutionnel , des plus ardens , des plus adroits , des plus ambitieux républicains; et ceux-ci s'étaient appliqués à donner à cette oligarchie roulante le plus d'autorité , de force et de consistance possible.

La gestion des plus grandes affaires de Tétat , la politique, les finances, les relations au dehors, le commerce et les alliances, la guerre et la paix , les armées , leur formation , leur conduite , le choix des généraux et leur destitution , la nomination aux emplois militaires appartenaient exclusivement à ce conseil des cinq. Au dedans , ta police , l'usage de la force armée , le droit de la faire agir , le droit d'inspection sur la trésorerie et sur les préposés à la perception des impôts, le maniement des deniers publics, leur distribution aux besoins de l'état , sans jamais en être comptables -, le choix et l'emploi des ministres , travaillant sous leurs ordres et révocables à leur gré , la surveillance des tribunaux , la dépendance immédiate des autorités constituées et des agens qu'ils emploîraient dans toutes les parties de l'administration \ enfin le droit d'avoir dans les dépariemens , Jusque dans les àwrindres communes y des commissaires attitrés , et le droit de casser les élections que lé peuple aurait faîtes de ses magistrats , de ses juges : telles étaient les attributions prodiguées au directoire par l'acte constitutionnel , sans compter ce qu il y ajouta.

Ainsi tous les moyens de dominer , d'intimider et de corrompre ; l'usage de la force armée j

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