UB LES CULTES
st les kûs leur tftaieat Fiisage de tontes celles dont quelquefns, dont souvent ils ont abusé?
C^est d'après ce système de présomptions funestes
Sue nous Tenons de voir les prisons comblées /ixmocens, les écbafaiids chargés , surchargea de victimes ; et Ton sait bien que de tout temps la tyrannie a eu pour maxime de préfâ^r le jdus sûr au plus juste , ea en<;hainant , en opprimant ce qu'elle soupçonnait de ne lui être pas as* ^eryi.
Mais cette police op(»iessif7e, cette police ré« volutionnaire est-elle encore la nôtre ? « Oui, s'é-r H criait ks factieux 9 la révolution exige ces me- )> sures; car elle n'est pas achevée. » Elle ne Test pas à leur gré^ et quand le ser»-t-eUe pour ceux qui. ne trouvent jamais que tout soit assex renversé y pour ceux qui demandent enc<H« des pro* acriptions j et des massacres? elle ne Test pas pour des brigands encore avides du pillage , et encore altérés de sang \ en un mot , elle ne Test pas pour tout ce qui jouit de la calamité publi«> que , et qui ne- craint rien tant que de la voir cesser. Mais la révolution est finie ; elle est consommée pour cette grande majorité de gens de bien qui n'ont votdu qu'une liberté légitime ,
3 u'ua gouvernement équitable , sagement r^lé ans sa £Mine, et fondé sur de boimes lois. Les bases sont posées , l'édifice s'élève^ déjà trop affermi pour être rentersé 9 il ne sera pas même ébranlé sur ses fondemens.
Grâce à l'épreuve du malheur, grâce au retouc ^e k raison dans les esprits , de l'humanité dans les Âmes , la nation presque entière ne nous demande plus qu'tme légination qui consacre sfs droits \ et cetle volonté publique , universdle ,
est , contre les factions , un rempart à labri dd« quel la liberté repose sous la garde des lois.
Or, dans les lois d'un peuple libre et généreux, d'un peuple qui ne veut qu'être juste et paisible , la prévoyance est sage et n'est pas soupçonneuse^ Tes précautions, la surveillance ne présument que des délits raisonnablement pré-» snmables^ et, dans la balance des probabilités, dans le calcul incertain des possibles, ces lois ne confondent japiais le doute avec la certitude , et la réalité des faits avec les illusions et les fao^ tomes de la peur.
Sans donc remonter à des siècles. dont les annales seraient des témoignages si const^ins et si glorieux pour les ministres de l'Evangile , je demande quel a été de nos jours , . au milieu de nous , sous nos yeux et aux plus cruelles épreu-r ves , leur esprit et leur caractère. Est-ce dans les cacbots ou ifs étaient comme entassés , sans égard, sans compassion pour les vieillards, pour les infirmes Pf^t-ce au fond des navii'es , où , avec plus de barbarie encore , on les laissait périr en foule privés de la lunnère , et réduits à né respirer que des vapeurs impures et un air croupissant ? Est-r ce à ^Nantes , sur les ba);eaux qui les'dlâient en-r gloulir dans la Loire ? Estrce à Alaréèille., ou ils étaient traînée vivans et mutilés sur la claie au dernier sup{dice? Est-K;e là , dis-je, qu'on les a vus irrités, indignés, respirant la vengeance, détestant leur patrie9.au moins impatiens de l'inhumanité, que l'on exerçait envers eux!
Que dis -je? où me conduit une si juste apologie ? Ah ! mes collègues , c'est avec répugnance que je parle du 2 septembre et des lieux â jar mais funestes où périrent tant de murtyrç. La
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vérité me force à vous les rappeler ces massacres abominables \ mais mon dessein n^est pas de vous en retracer Thorreur. Loin de notre pensée les Ibideuses images de ces farouches meurtriers qui , Toeil en feu , la bouche écumante de rage , le glaive ou la hache à la main , attendaient leurs victimes et demandaient leur proie par des ru-* gissemens de tigres affamés. Passons en frémissant , et portons nos regards sur un spectacle digne de fa terre et du ciel , sur cette multitude de vertueux proscrits , qui , tous rangés dans leur prison de Saint-Firmin, des Carmes , de Saint^ Germain<des-Prés , recueillis en eux-mêmes , in* clinés à genoux, les mains jointes, les yeux au ciel , imploraient la miséricorde de leur Dieu pour eux'-mèmes , sa clémence pour leurs bour-> reaux. Dans un vaste et profond silence , chacun d'eux attend qu'on le nomme ; on l'appelle , il se lève , il embrasse ses compagnons , se recom-* mande à leur prière , et va mourir comme Y a* gneau , sans pousser un murmure , ime plainte y un soupir. Est-ce là cet esprit factieux et rebelle » cet esprit à^ vengeance et de haine perfide dont je les entends accuser ?
Mais ceux qui leur survivent leur ressemblaientils ? leur ressembleront-ils? Et qu'avons-nous besoin qu'ib aient tous le même héroïsme ? Leur vertu sera-^t-elle encore Tnise à Tépreuve des supplices ? Sont-ils tous destinés à être des mar- •tyrs ? Il y en aura de faibles , il y en aura de trop sensibles â la perte des biens dont ils seront dé-
Eouillés ; il y en aura qui gémiront d'être tomes dans l'indigence. Et certes, il serait trop dur de reprocher aux misérables le soulagement de la plainte ! Mais s'ils ont conservé l'esprit de l'É-
Sgo OPINION
Tangik , le m^àhëur même ne les rendra ni yiiidicati&, m perfides ^ ni factieux, ni < ennemis de Tordre auquel la Providence les soumet. C'est \k «e que j amrrae , et ce qu on ne peut me mer. En entrant dans le sacerdoce , ils ont juré de «uivre les maximes , Texemple de leur dSvînJé* gislateur^ et de quel droit peut-<m les présumer capi^ks d'une infidélité qui seraitnine apostasie? de cpiel droit pénse^-on qu'ils ne soient plus i^rétiens ?
Cependant vent-ons'assurer s'ils lesont dans le ccBurr qu'on ie demande k cette nation qui, jalouse de se montrer plus magnanime que là nètre, les a si hmnaînement accuei]lîs , si généreusement secourus et respectés dans leur ttiisère. Qu'on le demande en Italie à ces braves solda t§ français , qn'a^ee une pieté si l:endre ils ont servis et soulagés dans ies liospiees militaires ; et qu'au moitis on ajoute ibi au témoignage du guerrier qui les ^1 a si kav^temeiit loués.
Il 'n'est point de complot dont on ne les soup* foime , de crime et de malheur dont on ne les accuse ^ nfiais ^am preuve et toujours en masse ^ sans jamais en nommer aucttn. Quoi ! parmi tant de délateurs, pas un qui désigne un coupaUe?
ik sont suspects. Tel a été, même sous le règne du crime , la formule defs délations , des accusalions personnefles. -ik sont ^pects! De quoi? d*memsme , de royalisme ? Kïnsi ce n^est que leur pensée , leur sentiment que J'on soupçonne ; et le soupçon kii-mèmç n'ose affler au-delà. Quel triomphe pour l'innocence que de faire expirer la calomnie sur les lèvres des calomniateurs:
« Non sans doute , poursuivent les ennemis » des prêtres , ce n'est Tioint en public , ce nfeSt
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» point da^ la chaire qu'ils osent professer l^ur )> séditieuse doctrine. Ils ont un tribunal intime » dont le secret inviolable leur assure Fimpi^- » nité *, et c'est à Toreille qu'ils prêchent le fa- )> natisme pour les rois , la haine pour la répu- » blique. »
jContre une accusation pareille, la défeme semble impossible. En ei&t , où est la preuve que le coniesseur ne fait pas, en secret , ce dont on Faccuse ? ffon , il ne le fait pa$ ^ cda mêfxie est prouvé , et prouvé jusqu'à Tévidence.
Le secret delà confession n'est impénétrable qjuje d'un céyté. Si le péniteiit s'aperçoit qpe celui qui Tentend abuse de son nu^ist^e pour lui sovMer, l'espm de révolte et de factiop , u ^ d^oit 4e }e dénoncer comme pea^^de i^p saprilége. Comr ment donc est-il arrivé que , dlepuis la dévolution, parmi tsai de jeunes enthousiastes de raaKÎoç^es i^lMibÙcaines , .p^rmi tant d'espions e| l^t de délateurs pour qui vous a<vez vu que nen n'était inviolable^ pour qui, ni l'amîtié, m la reconnaissance , ni la na,ture même et les liens du sang , n'avaient rien ^de sacré , et fendis qu'on ne demandait que des prétextes pour dépouiller £t pour exterjQQÛner les prêtres ; comment , dis-je , £st-il arrivé qu'il ne se soit pas présenté un seul dénonciateur de ce genre de séduction? Non , idsuis aucun des tribunaux 4^ la tyraxmie révolutiozmaire (^ n'en a entendu parler .'Et ce cripie que l'imposture ellç-^même n'ose inventer , oix \em q\ie les lois le supposent ! et contre la présomption d'un sacrilège aussi énorme , la seule garantie que l'on demande est une déclaratioi^ 4i'obéissance aux lois ! Quel lien pour des hommes qui seraient fourbes et ii^pies jusqu'à dér
mentir à l'oreflle ce qu'ils auraient professe en public , ce qu'ils auraient recommandé en chaire ! quel lien pour des hommes qui porteraient cette profonde hypocrisie jusqu'au pied des autels d'un Dieu de vérité !
Non , il faut , à l'égard des prêtres , s'en tenir au principe , au principe sacré de ne jamais présumer le crime , et de croire l'homme innocent tant que rien n'autorise à le croire coupable ; ou , si l'on excepte les prêtres de cette grande règle d'équité naturelle , il faut tous les expatrier.
mais à la preuye négative en faveur de leur ministère, il s'en joint une positive d'une pleine authenticité. Cette preuve est le témoignage éclatant , solennel , unanime des peuples , dont la voix s'élève et retentit de toutes parts. Tous voiis redemandent leurs prêtres ; et proyez, mes collègues , qu'ils les coiiniaissent bien ! Ce ne sont pas des fourbes , des sacrilèges , dll perfides , des factieux , des perturbateurs , des conspirateurs qu'ils demandent. Ce sont des amis de la paix , ce sont d'équitables arbitres , de sages conciliateurs, de fidèles dépositaires de leurs peines les plus cachées ; c'est enfin leur morale et leur religion qu'ils veulent retrouver en eux. Ils sentent vivement quelle dissolution , quelle corruption de moeurs , quelle impudence dans tous les vices , quelle audace dans tous les crimes qui peuvent échapper aux lois ; quelles initnitiés , quelles dissensions dans l'intérieur des familles , quel funeste relâchement des liens même de la nature ont suivi le bannissement de ces pasteurs évangéliques. Ds sentent tivement combien ces guides, ces conseils, ces appuis leur sont nécessaires pour les instruire à être justes , pour
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leur aider à être bons au milieu même des më-> cbans. Ils nous Font exprimé avec une candeur touchante.
a O vous j nous ont-ils dit , que nous tenons » d'élire pour être les organes de nos justes ré* )) clamationSy obtenez qu'on nous rende nos » églises , nos prêtres; obtenez qu'on nous rende )) ceux qtiî nous apprennent à bien vivre , qui V nous apprennent à bien mourir-, ty et, quand nous leur avons promis de répondre à leur con* fiance , des larmes ont été l'expression de leur joie , et ils nous ont comblés de bénédictions. Ce sont là des témoins véridiques , irréprochables ; ils ne raisonnent pas , ils sentent leurs besoins et leurs intérêts.
Croyez , législateurs , qu'ils sentiraient de même combien serait injurieuse pour l'esprit de leur culte et pour les moeurs de ses ministres la méfiance d'une loi qui les aurait environnés de gênantes précautions.
Au conseil des cinq-cents , l'avis a prévalu d'interdire au catholicisme les cérémonies, le costume , tous les signes extérieurs. Mais des lois dont le peuple ne sent pas la raison sont pour lui de mauvaises lois. Or quelles raisons , par exemple , peut-on donner aux peuples des cam* pagnes delà suppression des cloches ? quel signal aussi éclatant les appellera d'aussi loin aux offices de leurs églises ? et de quel ridicule peut être susceptible ce moyen de les rassembler ? Leim cloches leur sont précieuses par besoin et par habitude ; leur oreille y est accoutumée ; des sentimens religieux y sont attachés dès l'enfance \ et c'est pour eux , n'en doutez pas , un malheur d'en être privés. Or comment, sur ce point.
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