LIVRE VIII. 5g
ensemble , à la conâance tranquille avec laquelle madame Gaulard elle-même regardait notice intimité , nous ne doutions pas qu'elle ne nous fût favorable. Bouret , surtout, semblait si bien se complaire à nous voir de bonne intelligence , que je me croyais sûr dé lui ^ et , dès que je lui aurais ramené son intime amie en bonne santé , conune je Fcspérais , je comptais rengagera s'occuper de ma fortune et de mon mariage.
Mais madame Gaulard avait un cousin qu'elle aimait tendrement , et dont la fortune était faite. Ce cousin ^ qui était aussi celui de la jeune nièce y en devint amoureux , la demanda en mon absence , et Pobtint sans difficulté. Elle , trop jeune, trop timide pour déclarer une autre inclination > s'engagea si avant , que je n'arrivai plus que pour assister à la noce. On attendait la dispense de Rome pour aUer à Tautel ^ et moi , en qualité d'ami intime de la maison, j'allais être témoin et confident de tout. Ma situation était pénible , celle de la jeune personne ne l'étai t guère moins ^ et , quelque bonne contenance que nous eussions résolu de faire , j'ai peine à concevoir comment notre tristesse ne nous trahissait pas aux yeux de la tante et du futur époux. Heureusement la liberté de la campagne nous permit de nous dire quelques mots consolans , et de nous inspirer mutuellement le courage dont nous avions tant de besoin. En pareil cas , l'amour désespéré se sauve entre les bras de ï'amitié ; ce fut notre recours. Nous nous promimes donc , au moins , d'être amis toute notre vie , et , tant qu'on laissa nos deux coeurs se soulager ainsi l'imPautre^nousne fûmes pas malheureux 5 mais, en attendant la fatale dispense de Rome, il était
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bon que je fisse une absence ; rdccasîon s^etk présenta.