LIVRE X. î
talion , aisée dans sa politesse, , facile dans ses entretiens , ingénue dans sa gaieté , contant bien , causant bien , elle était simplement et naturelle* ment aimable.Son langage et son style étaient purs et même élégans ; mais sensible jusqu'à Tamitié , rien de passionné n'altérait la douceiu* et Tégalité de son âme. Ce n'était point la, femme que Ton aurait désirée pour être vivement ému,maiâ c'était ceUe qu'on aurait choisie pour jouir d'un bonheur tranquiUe.
En parlant de mes anciennes sociétés, j'ai dit que j'y avais vu M. Turgot ; mais , soit que nos mœurs et nos caractères ne se convinssent pas assez , soit que ma liaison avec M. Necker lui déplût encore davantage , il ne m'avait jamais témoigné que de la froideur. Cependant ,. comme ancien ami de l'abbé Morellet , il avait pris part à mon mariage, et je dus à ma femme quelques marques de ses bontés : j'y répondis avec d'autant plus de respect qu'il était disgracié , et que je le voyais sensible à sa disgrâce.
Cependant je perdais successivement mes anciens amis. L ambassadeur de Suède , rappelé auprès de son roi pour être son ministre de confiance , me fut enlevé pour toujours. Celui de Naples nous quitta poiu* aller être vice-roi en Sicile. L'une et l'autre séparation me fut d'autant plus douloureuse , qu'elle devait être éternelles. Les lettres de Caraccioli étaient remplies de ^es regrets. Il ne cessait de m'appeler en Si-n cile avec ma famille , oflfrant de m'envoyer ^ Marseille un navire pour nous transporter à Pa* lerme.
J'ai dit quelle était , depuis quarante ans , mon amitié pour d'Alembert , et quel prix je devais
l34 MilifOIlRfig.
attackev à la «ienise* "ùefvA^ la mofrt de made" mcnadle d'Ëspinasse , ft étuit «sonstnué d'enmû et denristcsie. Mm quelquefois eâeore â bissait ciGnilcr , dm» la ft^tiâe ]p(âie de son eoettr , quelques goacte» du banfioe de eette «mîûé con^ sdaioe. C'était suvtovit ai^ec ma leumie qu'it se jdmsait à Ente diversion à ses peiiies. Ma femme
!r prenait riutérèl fef^ tettére. Lui ««Themas, es dc«RK hotmnei de lem^es dent le» tidens et les lumières auraient dû lui en imposer le frlus , étaient ceux avec qui dteél^t le pWà son aise. E n'y wsh p<niv eUe aneun amosesnetft :pvêté^ ndde à knr cncretien.
ThiNBias semUttic e«eefre avéir léng-^^tenips k virre piur ia gloire et pcmr Vënâêé,
Mms^ d'Aiesuibert -commençnit à cientir les âé* chàffsnum» de la pierre ; et lÂeMfèl fl n'esdsto phts qu^ ptMT souffrir ei m^ir lœtemenft dan^ ké {dus GTsette» dotdeur».
Dsois une ISiible esquisse «de se» ^kfge , f ai essayé de peindre la dertKiitft'^gaAké da^ee mtmitèi^ , traJDUxs vr», tota^r^ «ûaiplle , paivee qall était mtun^^ ébwgné ée teuie îcMtaAee, «de toute dh^ sîmcdation ^ mébé Jk forte êî defMksse , mm^ d9ntlajbrv0 étxtic de la ifârt»^ etlàJMkssede iu bonté.
En le pfemmat , f'étaîs loin de penser à hii stieeédep dans la plaee de seerëtaire perpétuel de yaoadâniie £paB€»ise. fe fiis moi^ttrênxesur le point de le màfn*^ au tombeau , frappé d'une fièvre itiidif^e , semi^lable k cette dont Bouyart m'avait dê^ simvé , ^ déni il me gttérît eneore. Combien ne dois -je pas bénir la mémoiie d^un faomm» â «m demr ras j'ai dât ta vie , et qui , jtiiqn'à la défeittsuce de âe^ei^rits el de se^ for-
ces , n^A cessé de donner les soitië les plus tendres «à mes ett&ns I
A petite étais-)e em convaleseetiee qa'H f»flut aâer donner à PonUmcàAeQu )e neuvel opéra que )'iivais fiât avec Pioeini« Ot opéra élmt iHdon. Gomme il ^takt^Mt entier de moi , je Favais oanscruil à mon gré \ et ^ noar y faire fidre tm pas de plus à noire atouvelle miisîqiie , }'afViai» prefité da moiaentoù une marqtie Sq fa- Temr que Kccini wernsh d'ic^teoir , arait raosmé son giénie* ¥oki ee qm s'éiaît passé.
Cette année (17^^^), le maréchal de Duras , gentilhomme de la ciia«tbre en esereice, me énnanda ai je n'avaia m» *&ît de Bouveau , et metémoigiia I0 désir d^smir k dentier à la ^ine à FontainoUmu la nouveamé d'im 'héi opéra.
« Mais je Tonix , me dit- il , qoe- ee soH votre «ifrage. On ue vons aait pas assee de gré de ee que TOUS firises pour rafeonir les vieux opéras de Quinauh. » Je reêetmtts a ce langage whêsh <son<^ éére à racadénâe , et ses anciennes bmitéffpour m^n.
« Monsieur le maréchal , lui dis-je , tant que mon muaieknî Piociai sera déooura)^ oomane il Test, jeuepms rien promettre, ^Pbuasaireeavec qu^ rage on lui a disputé le succès de fk^and eiA'ué^fs ; ils ont réussi l'un et If autre , et jm^ que -là le Trai talent a triomphé de la cabale ^ maia , dansl'J^AiJ^^ttd en Tmmàe^^ it^a auecombéy quoiquiil a^y filt surpassé Ité-mêtoew
» .L-entiiq»reneur de rOpei^- , de Vismes , pour grossir sareœtiepar le eoncoors deà deuxpartîs, a iinffgifié de feine )OUCer Gluck et Piocini sur un même sujet \ il leur a fourni deux poëmes de VlpUgénie en TasarUe. Gitiok , dans le poémo
iSS MÉMOIRES.
bert avait rendue si difficile à rempUr après
lui.
Cette difficulté , dont rbonugoe le plus isaût aurait pu être intimidé , n'était pajS bi seule tpi me retint. La place den^^o^dait iine M6>duiliéâQut [e me crojaiâ incapable. C'était di»»: bfen àar cèrement que je nt/e ref^iaaia à Vbonneiiflr <{u'an voulait me faire ^ maia on m^oppo^a dea lonotib auxquels i^ crus dcYoii? me rendre , et il fiit décidé que je serais du nombre des aspirans à cette place. Setdement )e me réseryai de ne pas la soUiciiicif.
La circonstance m'était favomble peur h» Bu£r fragos de la cour. Le succès de Diàon j fut comr plet ; et^ aus éloges tp^ Von donnait à la mn-^ sique de Piocini , on mêlait aussi quelques mots de lomanges pour Tauteur du pt^ëme. ic C'est le seul opéra y disait le n&i ,, ^ui m'ait intéressé. )> JEl lé: r6deman<^ damfois»
Ce saceèa me &it tiràs^ensîUe; ma femme en jonissait^ et c'était là pour moi l'ûbliet le pku intéressant. Le voyage eut pour elle un agrément ini^primaUe. Lea promenades dans la £brèt, les rendesrvmisdecbas&e, lea eomiaea de chevaux, les parties: de plaisir à Toanerî ^ où à diner ron nous donnaît de somptueuse» matelotes , et poiur fruits d'excellens raisins *) tous ks joiuis de specf tacle , des fSsLcea danak loge de oftadame d*An^ gii^ilier y dont la maison était la nétre , et qui , à l'envi de son époux, mettait une grâce ton* cliante à nous attirer l'attentioa de la nombreuse et bonne compaf;Bi£ tpù sans cesse abondait cbez elle 'y enfin tous les plavics qne pouvait réunir une cour jeune et magnifique , et tout ce qui persounellemenli pouisait témoigner à ma femm^
qu'elle était çstimée et chérie daas la société qui euvÎFoaoait la cour ^ tout cela , dis-je , fit pour elle et pour moi , du séjour de FoutaiadJeau , un continuel enchantement. *
Deux incident nous j causèrent un peu d'inquiétude : le premier tut une appareiice de rechute et quelque ressentiment de fièvre que j'éprouvai au conmnencement du voyage. Les médecins de la cour eu auraient fait une maladie , si ma femme eut voulu les croire ; mais , sans aucun de leurs remèdes , et en me faisant déjeûuer tous les jours avec un iwnier de beau raisia bien mûr , elle me rendit la santé* L'autre incident fat la petite vérole d^ Albert, que nous avions amené avec nous^ mais Féruption ne s'étant de* datée qu'à 1» fin du voyage y, sur-le-champ nous» partîmes y et Albert fut remis dans les maisu» do uotre ami Bouvart y qui pa:it de hû le même soia qu'il aurait eu de son enfant*