‹ OEuvres complètes de MarmontelChapitre 46 sur 117 · LIVRE XI. l · texte numérisé non relu

LIVRE XI. l

élever chez moi ; et , sur la réputation du collège de Sainte-Barbe, ce fut là que je cherchai, pour eux, un précepteur formé aux moeurs et à la discipline de cette maison , renommée tant par la vie laborieuse et frugale qu'on y menait , que par la supériorité des études queFon faisait à cette école . L'excellent jeune homme que j'y avais prîs , et que la mort m'a enlevé , Charpentier , nous faisait sans cesse Téloge de Sainte-Barbe. Car une singularité remarquable de cette maison était la tendre affection que conservaient pour elle ceux qui en étaient sortis. Il ne parlait qu'avec entnousiasme des mœurs , de la discipline, des études de Sainte-Barbe. 11 ne parlait qu'avec une Srofonde estime des supérieurs de la maison , et es professeurs qu'il y avait laides. Us étaient ses amis ^ il désirait que j'en fisse les miens. Je lui permis de me les amener ; et la cordialité avec laquelle je les reçus leur rendit ma maison de campagne agréable.

Sainte-Barbe avait une annexe à Gentilli , village Voisin de Grignon. Les supérieurs , les professeurs de Tune et de l'autre maisons se réunissaient quelquefois pour venir diner avec moi. Us s'intéressaient aux études de mes enfans. Les jours où la jeune école de Gentilli avait des exercices publics , mes enfans y étaient invités , et ils étaient admis à cet examen des études. C'était pour eux un bon exemple et un objet d'émulation ^ mais , pour moi , c'était une source d'observations et de lumières ^ car , dans ce cours facile , régulier et constant des études de Sainte-Barbe , je devais trouver une cause , et cette cause ne pouvait être qu'une bonne et solide organisation.

lG6 'MÉMOIRES.

C'est de quoi je me fis instruire dans le plus grand détail ; et , au moyen de ces conférences , je me croyais en état de mettre la dernière main à mon plan de l'instruction natioxiale y quand tout à coup 9 par un des mouvemens qui bouleversaient le ministère , M. de Lamoignon en fut écarté , et fut exilé à Bâville.

Bientôt les intérêts de la chose publique et tes inquiétudes sur le sort de Tétat s'emparèrent de mes esprits ^ ma vie privée changea de face , et prit une couleur qui , nécessairement , va se répandre sur le reste de mes Mémoires.

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