‹ OEuvres complètes de MarmontelChapitre 50 sur 117 · LIVRE Xïi; tyr · texte numérisé non relu

LIVRE Xïi; tyr

vieillard qu'on avait doaané pour guide ei pour oonseil au jeune roi«

Comme il lui fut aisé de voir que le fond du t;aractère de ce prince ëiait la francluse et la ]»oBté j il s'étudia d'abord à -lui parakre bon et «impie* Le roi ne lui déguisait pas cette exces- ^ve timidité que les premières impressions de TenÊmce lui avaient laissées. U sentit donc que le plus sûr moyen de captiver sa bienveillance était de hu rendre faciles ces devoirs qui Tépou* vantaient. Il employa le talent qu'il avait de slm^ plifier les afiaires à lui en ïiliÊger le fardeau ; mais , soit qu'il regardât les maux invétérés comme n'ayant plus de remède ^ soit que son indolence et sa légèreté ne lui eussent pas permis ^e les approfondir , soit qu'il les négligeât comme <tes maladies provenant d^un excès de force et de santé , ou comme des vices de corn*

Îilexi<minbât*ens au coqps politique ^ il dispensa, e jeune roi de s^en fatiguer la pensée , i'asscu^nt 4que 4out irait bien , pourvu que tout fùt^age-^ ment et modérément dirigé. L excuse du cardi^* ual de Fleury dans ses inquiétudes pusillanimes , ^tait qu'un édifice qui avait dui^ plus de treize icents ans, devait pencher vers sa ruine, et qu'il fallait , en Tétayant^, craindre de Fébranler ^ le prétexte de Maurepas^ dans son indolente se** curité , était , au contraire , qu^un royaume aussi vigoureusemem; constitué n^avait besoin , pour se rétablir , que de ses forces naturelles ., -et qu^il fallait le laisser subsister avec «es vices «tsesaibus*

Mais le mauvais état des finances n est pas un fnal qui se laisse loi^-temps pallier et dissimu^^ ier ^ b détresse etle discréait accuseni; bientôt lo

iy2 MÉMOIRES.

ministre qui le cache et qui le aë^ige , et , tant qu'on n'en a pas trouvé le vrai remède , il em^^ pire au lieu de guérir.

On a^ait donné à Louis XVi'abbé Terrai pour tm ministre habile^ Vingt ans d'exercice au Patlais ^ au milieu d'tme foule de plaideurs mécon^ tens, rayaient endurci à la plainta^ il ne Tétait guère moins au blâme , et il se croyait obligé par état d'être en butte à la haine publique. Maurepas Téloigna , et mit à sa place Turgot, également recommandé par ses lumières et ses vertus.

Celui-^i sentait vivement que la réduction des dépenses , l'économie des revenus et des frais de perception , l'abolition des privilèges onéreux au ccmunerce et à l'agriculture , et une plus égale distribution de l'impôt sur toutes les classes, étaient les vrais remèdes qu'il Ëillait appliquer à la grande plaie de l'état, et il le persuadait sans peine à un roi qui ne respirait que la justice et Tamour de ses peuples^ mais bientôt Maurepas , voyant que cette estime et cette confiance du jeune roi pour son nouveau ministre allaient trop loin , fut jaloux de son prenne ouvrage , e% s'em-. pressa de le briser*

Dans un pays où tant de monde vivait d'abus et de désordres , un homme qui portait la règle et l'épargne dans les^ finances , un homme inflexir . ble au crédit , incorruptible à la faveur , devait ^yoir autant d'ennemis qu'il faisait de mécontents et qu'il en allait faire encore*. Turgot avait trop de fierté et de candeur dans le. caractère pours'abaisser auxmanéges de cour : on liû trouva de la roideur , on lui attribua des maladresses ; et le ridicule qui, parmi »ou«, d^ade tout , .

Page 1