LIVRE xrr
nouveauté de ce livre , survint rémeute. doiit je viens de parler. Turgot ne douta point que Tuu u eut contribué à Tautre, quoiqu'il sut bien que le peuple qui piUe les boutimies de boulangers n'en prend paa conseil dans les livres. .
Les amis de Turgot , plus animés quelui , auraient voulu qu'il se vengeât de Necker , en le renvoyant à Genève ; il le pouvait , ear il avait encore toute la confiance du roi. Sa droiture et «on équité le sauvèrent de cette honte ; mais il a conservé , jusqu'au tombeau , sa haine contre un hcHnme dxMitle seul tort avait été d'avoir accepté son défi et oombffttu son opinion.
Ihi moment que Necker eut en main Tadmi*nistsation des finances , son^emier soin et son premier travaU furent 4'en aebrouîller le chaos. Clugny y avak laissé un déficit annuel de vingtquatre milli<»s \ et , dans ce temps-rlâ 9 ce vide paraissait énorme y il fidkîtleremjdir^Necker en sut trouver tes moyens. Ces moyens étaient^ d'un cèté , de simplifia la percejption des reve-^ nus publics, çt aen nettoyer les canaux^ de l'autre , de voir queb étaient tes faux*4uyaiis de la dépense , et d en réformer les abus*
Le roi , pour être aussi éecNnome que son ministre , n'avait qu'à se défendre d'uoe trop facile bonté. Ce fiit mne pour le préserver dies séductions journalistes , que Necker obtint de lui de suspendre et de diffi^r , jusqu'à la fin de chaque* année , la décision des grâces quil aurait à répandre^ afin d^en voirla somme entière avant de la distribuer.
Ainsi Necker allait sVssurer , par de sknples économies , un superflu qui l'eût mis en état de soulagci: le trésor publk ^ lorsque le signal de I^i;
l8o MEMOIRES.
guerre Favertit qiiMl aurait besoin de ressources plus abondantes, tant pour former incessamment tme marine respectable , que pour Tarmer et la pourvoir. Ces dépenses urgentes devaient monter , par an , à cent cinquante millions. Le crédit seul pouvait y faire face , et le crédit était perdu : les infidélités de l'administration l'avaient ruiné pendant la paix ; il fallait ou le rétablir , ou succomber ; car Timpôt même le plus onéreux ne peut suffire aux frais d'une guerre dispendieuse ; et l'Angleterre , notre ennemie , trouvait alors à
• emprunter jusqu'à deux et trois cents inillions à un intérêt modéré. On a depuis fait im reprocbe à Necker de ses emprunts ^ il fallait l'adresser , ce reproche^ à la. guerre , qui les rendait imdis^ pensables , et qui , ellenoiême , ne l'était pas.
L'art de.I^ecker, pour relever et pour soutenir
• le crédit, fut d'éclairer la confiance, en faisant voir dans les réserves que lui assurait l'économie , une base solide et un gage assuré des emprunts qu'il allait ouvrir. Le même plan qu'il s'était tracé pour les épargnes de la paix , lui servit à se procurer les {onds que demandait la guerre. On savait qu'il avait sans cesse sous les yeux des tableaux complets et précis de la situation des finances , et , pour ainsi dire , la balance à 1« main dans toutes ses opérations , pour n'excéder jamais , dans ses engagemens , ses facultés et ses ressources. Ce fut avec cet esprit d'ordre qu'ayant tronvé le crédit détruit après quinze ans de paix , il sut le rétablir au milieu d'une guerre qui exigeait les plus grands efforts, et que^ malgré le déficit de 1776 , malgré les dépenses de cette guerre , et quatre cent douze millions d'emprunts faits pour la soutenir ^ il fiit en étaJ;