‹ OEuvres complètes de MarmontelChapitre 74 sur 117 · LIVRE XI r · texte numérisé non relu

LIVRE XI r

la loi y étaient rendaes inviolables^ si tous ces biens étaient non-seulement offerts , mais assurés à la Éiation , que manquait^l au succès inouï de cette première assemUée ? Il ]| manquait ce caractère d'indépendance et de domination que les partisans fanatiques d'une démocratie absolue et despotique Toulaii^t avoir dans leurs décrets.

« Lorsqu^il en aerti temps , leur disait M . Éféo ker, sa majesté appréciera justement le caractère de vos délibérations ; et s'il est tel qu'elle Tespère, s'il est tel qu'elle a droit de l'attendre , B'il est tel enfin que la plus saine partie de la nation le veut et le demande , le roi secondera vos intentions et vos travaux \ il mettra sa gloire à les couronner ; et l'esprit du mdlleur des princes se mêlant , pour ainsi dire , à celui qui inspirera la plus fidèle des nations , on veita naître de cet accord le plus grand des biens , la plus solide des puissances. »

C'était ce langage d^une autorité qui se réservait l'examen et le libre consentement , c'était là ce qui blessait Foi^eil de la ligue démocra- ^ tique, laloux de voir le souverain vouloir de son pur mouvement ce an'iis prétendaient comnumder , ils accusaient Necker de revêtir le despotisme des formes delà bienfaisance. Us voulaient un roi qui ne f&t plus un roi.

^ Cependant, malgré Mirabeau et malgré le libelle violent qu'il publia , le discours du roi et celui du ministre eurent , dans l'assemblée ccHnme dans le public , le su&age des gens de bien.

L'afflnence la plus nombreuse des habitans de Paris s'était pressée en foule jusqu'à Versailles ^ pour jouir du spectacle de l'ouverture des état». Et kH'sque le roi , à la tête des députés de la

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tioh, se rendit après rassemblée à Tégiise Je Saint-Louis , la pompe , Vordre , la majesté de cette marche auguste , le silence respectueux d'une foule de . specta|^urs dont elle était bordée ^ le roi , au milieu de cette cour nationale , f>lein .d'une douce et crédule joie , et autour de ui sa famille , heureuse du même bonheur; tout cell^, dis-je , ensemble , fit sur les âmes une impression si vive et si profonde , que des larmes involontaires coulaient de tous les yeux. On croyait voir les espérances précéder la marche des états généraux 9 et les prospérités la suivre \ mais , au milieu de cet appareil de patriotisme et de concorde , le mouvement sourd qui précède lés dissensions orageuses agitait déjà les esprits^

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