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empressement ; mais , malgré les ressources qoe peut ofi&ir réconomie k plus sévère, je crains ^ messieurs , de ne pouvoir pas soulager mes sujets aussi promptement que je le désirerais.
» Je ferai mettre sous vos yeux la situation -exacte des finances ^ et, quand vous Taures examinée , je suis assuré d avance que vous me proposel^z les moyens les plus efficaces pour y établir un ordre permanent , et affermir le crédit public. Ce grand et salutaire ouvrage , qui assurera le bonheur du royaume ati dedans, et sa considération au dehors , vous occupera essentiellement.
» Les esprits sont dans Vagîtaticm ; mais une assemblée des représentsfns de la nation n'écoutera sans doute que les conseils de la sagesse et de la prudence. Vous aurez jugé vous-mêmes , messieurs , qu*on s'en est écarté dans plusieurs occasions récentes ; mais Tesprit dominant de vos délibérations répondra aux véritables sentimens d'une nation généreuse , et dont Tamour pour ses rois a toujours fait le caractère distinctif. J'éloignerai tout autre souvenir»
« Je connais Tautorité et la puissance d^un roi juste , an milieu d'un peuple ndèfe et attaché de tout temps aux principes de la monarchie. Ik CHQt fait la gloire et l'éclat de la France ; je dois -en être le soutiefi , et je le sarai constamment. Mais tout ce qu'oui peut attendre du plus tendre intérêt au bonheur public , tout ce qu'on peut jfeinandor a un souverain , premier »ni de ses peuples , vous pouvez^ viws devez Tespérer de mes sentimens.
» Puisse , messieurs , un heureux accord régner dans cette assçmUée, et cette époque de*
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venir à jamais mëmoraUepour le bcmlieur et la prospénié du royaume 1 C'est le jtMihait de mon cœmr ; c*est le pins ai^dent de mes vœux ; c'est enfin le prix que )'attaids de la droiture de mes imentions et de mon amour pour mes peuples* )i
Ces paroles du roi firent siur l'assanblée la plus favcKralile impression.
Le garde des sceaux, selon Tusage , développa les intentions du roi ; il o&serva qne dans Tan*cien temps le service militaire élant aux frais de la sotdesse , et la sub^ance des veuTes , des or^ phelins, des indîgens, étant prise alors sur les biens du clergé , ce genre de contribution les acquittait envers Tétat ; mais qu'aujourd'hui que le clei^ avait des richesses ccmsidérabl^ , et que la noblesse obtenait des récompenses bonorifi'^ ques et pécuniaires, les possessions de ces deux ordres devaient subir k 1cm commuiie de l'impôt. Pahni les objets qui devaient fixer l'attention de l'assemblée, il indiqua les cfaang^nens utiles que pouvaient exiger la législation civile et la pro* cédure criannelie ^ et en reconnaissant la néces^ site de rendre l'administration de la justice plus facile , d'en corriger les abus , d'en restreindre les frais , de tarir la source de ces discussions interminables qui ruinaient les fami]les,etde mettre les justiciables à portée d'obtenir un prompt jugement , il rendit tacitement hommage aux principes de Lamœgnon.
Enfin , par ordre exjj^^ès du roi , le diivcteur général des finances ayant pris la parole , en exposa la situation ; et , sans dissimuler le mal , il en indiqua les remèdes. Sur ce tableau si effrayant dans l'ombre , il répandit une lumière
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rassurante ; et aux aveux les plus afflîgeans y ît mêla lies consolations d^une espérance courageuse. Il fit voir que Tc^jet le plus pressant et le plus difficile , l'égalité à établir entre' les revenus et les dépenses fixes y. ne demandait pas même te secours d'un nouvel impôt \ que ce vide serait rempli par de simples réductions et ^ légères économies. Quant aux ressources cpii lui restaient pour les besoins d& la présente année, pour les aépensese:KtraordÎDaâresde&deuxsuivantes,pour l'amortissement successif des anciennes dettes , pour diminuer la somme des anticipations, enfin ^ pour acquitter quelques detles pressantes et actuellement exigibles ^ il les indiqua , cesressour-ces , dans le casuel progressif des extinctions des rentes viagères , dans le produit des économies et des nouvelles améliorations , dans l'accroisse* ment des subsides plus également imposés , plus régulièrement perçus^ Enfin , sûr d obtenir du temps et du crédit national le seul moyeu» légi-^ lime et permis d'alléger les cbarges publiques, iï n'en voulaitpointd'âutres, etil répudiait, comme •indigne d'un roi et d'une nation magnanime ^ toute espèce d'altération dans la foi. des engage*^ mens.
a Que de plus grandes précautions ,. dit-il ,. soient prises pour l'avenir , le roi le désire , le roi-, le veut ^ mais à une époque si solennelle , ou là. nation est appelée par son souverain à l'environ-^ ner , non pas pour un moment , mais pour ton-- )Ours^-à ime époque en cette natîdit^est appelée à s'associer en quelque manière aux pensées et aux volontés de son roi , ce qu'elle désirera de seconder avec le plus d'empressement , jce sont ks sent^nens d'bonneur et de fidélité dont îi.
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est rempli. Ce sera un jour, messieurs^ xm grand monument du caractère moral de sa majesté que cette protection accordée aux créanciers de Tétât, que cette longue et constante fidélité \ car, en y renonçant, leroi n'avait besoin d'aucun secours^ et c'est là peut - être le premier conseil que les macHiavéli&tes modernes n'auraient pas manqué de lui donner. »
A ces maximes de justice et de probité, Necker ajouta le grand intérêt de la puissance politique, dont ces principes étaient la base ; et ayec la même éloquence dont il avait plaidé la cause des créanciers de l'état , il plai(la celle des pensionr naires^ Sa loyauté fut applaudie.
Mais , lorsqu'en parlant de certains mandate conditionnels , où tes engagemens à prendre à l'égard des finances étaient considérés comme un objet secondaire , qui devait être précédé de lottteft les concessions et de toute» les assurances que la nation demanderait , le ministre observa que les besoins des finances, n'étaient que les be*soins publics -, que les dépenses de l'État ne concernaient pas moins la nation que le monarque y 3^'iL y allait de sa «ûreté ,• de son repos , ae sa éfense , de toutes les commodités de son existence pubfique, et qu'une obligation aussi absor lue que celle d'y pourvoir ne laissait pas la liberté de la rendre conditionnelle ^ enfin , lorsqu'en supposant même que le roi eut plus d'intérêt que la nation au rétablissement de l'ordi-e et du crédit , et à l'acquittement de la dette publique , Necker osa dire aux'députés : « Non , messieurs , . ( et il est bon de vous- le faire observer , afin que , n^ous aimiez davantage votre auguste monarque)^, Bon , ce nest pas à la nécessité absolue d'un scr-
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cours d'argent qae tous devez le précieux avantage d'être assemblés par sa majesté en étau généraux ; » et qu'il leur fit voir , article par article , que le plus grsmd nombre des moyens de subvenu* aux besoins de TEtat et de remplir le déficit y'^auraient été dans les mains du roi sans commettre aucune ii^ustîce , et par dé simples retrancbemens soumis à sa puissance et à sa volonté ^ alors ceux qui, dans leur système de domination y voulaient faire subir au roi la loi de la nécessité , s'offensèrent cnie son ministre parut vouloir l'en affrancbir. On leur avait entendu ^re que la nation devrait lapider l'homme qui enseignerait au roi à se passer de nouveaux secours.
Necker ^ il est vrai « voulait dissuader l'assenoH blée du droit qu'elle croyait avoir de refuser son assistance ^ mais , en faisant soutenir au roi la dignité de sa couronne , il laissait à la nation tous les moyens de contenir son autorité légitime dans les bornes de l'équité.
Et en effet , parun comnxxn aeoc»Tl entre lemonarque et les peuples , les dépenses étant fixées , les imp6ts consentis , les ministres comptables , les états de recettes et de dépenses publiés , mis «Otts les yeux de la nation , et vérifiés par ellemême , enfin , les abus rennes , ei l'administration soumise aux règles de la plus exacte économie ; que voulait-on de plus ? Et si l'égalité de l'impôt était convenue, si le retour des états généraux était réglé , la presse libre comme elle pouvait l'être , les lettres de cachet abolies ou ccttfiées à la sagesse d'un tribunal ^ si la liberté , la sûreté puUique et personnelle , la propriété , l'égalité de tous les citoyens devant la loi et sous
citoyens