EXTRAIT D'UNE LETTRE DE MONSEIGNEUR L'ÈVÈQUE DE SAINT-BRIEUC
Saifll-Brieuc, le 27 octobre 1863.
Monsieur l'Abbé,
Je vous remercie de votre beau présent J'ai un peu étudié votre beau premier volume; il est
satisfaisant à tous les points de vue. On vous devra d'avoir remis en lumière la figure à demi pâlie de Massillon C'est une heureuse idée d'avoir fait celte édition
. . t AUGUSTIN,
Evéque de Saint- Brieuc.
A ces hauts témoignages de sympathique bienveillance , M. l'abbé Blampignon est heureux et fier de pouvoir joindre encore les indulgents suffrages de NN. SS. les évoques de Troyes, de Parium et de Châlons. — En dehors de répiscopat, il a aussi reçu les encouragements de plusieurs personnages considérables. M. Sainte-Beuve, dans le Co?istitutio?inel du 1" novembre i 864, a bien voulu parler favorablement de son édition de Massillon, et M. le Ministre de l'Instruction publique a eu la bonté de lui écrire que c'était là « un beau et érudit travail ».
lEOISIÈME SEMAINE DU CARÊME.
NOTICE HISTORIQUE
L'édition de 1745 donne sept serinons de Massillon pour cette troisième semaine du Carême ; les recueils de Trévoux en cootiennent six. Mais les sujets ne se correspondent pas toujours dans ces deux versions.
Au carême de 1701, on peut assigner, pour le dimanche, le sermon sur l'Inconstance dans les Voies du salut ; pour le mercredi, le sermon sur le véritable Culte, et enfin pour le vendredi l'admirable homélie de la Samaritaine.
Il reste au carême de 1704 deux discours ; d'abord pour le dimanche le célèbre sermon sur le petit nombre des Elus, et pour le mercredi le sermon sur le Mélange des Bons et des Méchants, que l'édition de Trévoux place en effet à ce jour. Il y a bien encore les deux pieuses exhortations sur la Tiédeur, mais je doute qu'elles aient été prononcées à la cour.
Telles sont mes conjectures. Ce qui du moins est hors de doute , c'est que la belle homélie de la Samaritaine fut prêchée à Versailles le vendredi 4 mars 1701. A côté delà splendeur royale de Louis XIV, rayonnait la majesté du génie. Bossuet entendit ce sermon, et en fut très-content, dit son secrétaire, l'abbé Le bieu. 11 faut remarquer que ce discours, dont nous savons sûrement la date précise , est justement assigné au vendredi dans les éditions définitives , comme dans le recueil de Trévoux. Ce qui est une iiauvelle preuve à l'appui du système que j'adopte, et par lequel j'attribue ordinairement au premier carême prêché à la cour les sermons mis dans l'édition de 1745 au dimanche, au mercredi et au vendredi, tandis que je reporte au carême de 1704 les discours qui s'y trouvent aux lundi, mardi et jeudi.
Dangeau et la Gazette nous apprennent qu'en 1701, le dimanche 27 février, troisième dimanche du carême, le roi et la duchesse de Bourgogne assistèrent à la prédication du P. Massillon, et que le mercredi suivant , 2 mars, et le vendredi 4 mars, Louis XIV entendit également l'orateur dans la chapelle du château de Versailles.
D'après ces mêmes autorités, nous voyons que dans le carême de 1704, en celte même troisième semaine, Massillon prêcha le dimanche 24 février en présence du roi, du dauphin, du duc et de la duchesse de Bourgogne, et du duc de Berry. Ce fut probablement le fameux sermon sur le petit nombre des Elus qu'entendit et dont fut terrifié cet illustre auditoire. Le mercredi 27 et le vendredi 29, Louis XIV fut aussi présent à la prédication de Massillon.
Mass. — Tome 11.