‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de Clermont (volume 2)Chapitre 83 sur 141 · SUR LA RÉSURRECTION DE NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

SUR LA RÉSURRECTION DE NOTRE-SEIGNEUR

NOTICE

Ce second sermon, qui appartient à la station de 1701, avait été inséré par les premiers éditeurs dans le volume des Mystères. Mais il est placé au jour de Pâques dans le Recueil de 1705. — Nous donnons au bas de la page le texte de cette édition.

ANALYSE

Division. — Jésun-Christ , mort pour nos péchés, ressuscite pour notre Justification. Comment? l" Parce que la résurrection de Jésus-Christ nous anime à persévérer dans la grâce reçue ; 2° Parce qu'elle nous apprend à y persévérer. — La résurrection de Jésus-Christ est donc le motif et le modèle de notre persévérance.

Pbemière partie. — La résurrection de Jésus-Christ nous anime à persévérer dans lu grâce reçue. En etlet, les principales sources de l'inconstance des hommes dans les voies de Dieu sont ou dans l'affaiblissement de la foi ou dans la tiédeur de l'espérance. Or, la piété chrétienne trouve, dans le mystère de la résurrection, des préservatifs contre ces deux écueils, et des motifs très-puissants pour persévérer dans la grâce. l» La piété trouve, dans la résurrection de Jésus-Christ, des préservatifs contre l'affaiblissement de la foi et cette sorte d'incrédulité qui devance presque toujours le crime. Car ce mystère est le grand témoignage de la foi chrétienne : c'est en lui que tous les autres mystères trouvent leur vérité et leur certitude ; puisque, si Jésus-Ctirist est ressuscité , notre foi est certaine ; la doctrine de l'Evangile est divine ; ses promesses sont infaillibles. En effet, si Jésus-Christ est ressuscité, il était donc un envoyé du ciel, pour annoncer aux hommes la doctrine du salut : car Dieu véritable et fidèle n'aurait pas voulu autoriser l'imposture en la revêlant du caractère de la vérité ; donc tout ce qu'il nous a annoncé est véritable. Or, Jésus-Christ est ressuscité : nous prouvons ce grand miracle aux incrédules, premièrement, par les précautions mêmes que ses ennemis prirent d'abord après sa mort ; secondement, par la déposition des soldats ; troisièmement, par les apparitions du Sauveur; quatrièmement, par le doute des apôtres, avant de croire ce miracle, et par tout ce qu'ils ont souffert ensuite pour rendre témoignage à la vérité. Et voilà ce qui soutient la foi de l'homme juste : il voit, dans le mystère de la résurrection, toute la religion assurée; les châtiments dont elle menace, certains; ses promesses infaillibles, et ses préceptes nécessaires... Or, quoi de plus propre à mettre un frein à l'inconstance du cœur de l'homme, et à l'établir dans une piété solide et durable, que ces grandes vérités 1 Aussi les disciples, témoins de la résurrection de Jésus-Christ, ne ne démentent plus, et persévèrent jusqu'à la tin dans la prière et dans le ministère de la parole sainte. Mais nous sommes les enfants des saints qui virent Jésus-Christ ressuscité , et qui l'adorèrent sur la montagne de Galilée ; nous avons vu de leurs yeux, et touché de leurs mains. Pourquoi retournerions-nous donc encore en arrière ? Si ce mystère rend notre foi certaine et inébranlable , pourquoi laisserait-il encore dts inconstances à notre cœur ? S'il serait monstrueux, après tant de preuves, dit saint Augustin, de ne pas croire, l'est-il moins de croire, et de vivre comme si l'oo ne croyait pas?

2» La piété trouve dans la résurrection de Jésus-Christ des préservatifs contre la tiédeur de l'espérance : car ce mystère, premièrement, rassure notre espérance ; secondement, il la console ; troisièmement, il la corrige. Premièrement, la résurrection de Jésus-Christ rassure notre espérance, parce que nous savons, comme dit l'Apôtre, que nous lui serons un jour semblables, et que nous suivrons la destinée de notre chef; que sa résurrection serait inutile , si nous ne devions (las ressusciter avec lui. Nous savons que nos frères qui nous ont précédés avec le signe de la foi, et qui dorment en Jésus-Christ dans le sommeil de la paix, n'ont pas péri sans rej^sourrc, quoiqu'ils aient disparu à nos yeux. Or, dans le souvenir de ces vérités, que de puissants motifs pour affermir une âme dans la grâce et dans le service de Dieu ! Puisque nous rcssuscileronB pour ne plus mourir, nous ne devons donc rien nous permettre qui ne soit digne de l'éternité bienheureuse.

SECOND SERMON POUR LE JOUR DE PAQUES. 395

Secondement, elle console notre espérance. Si la piété a ses douceurs, elle a aussi ses amertumes , puisque la vertu ne se conserve que par des combats et des sacrifices continuels ; et si vous vous relâchez un moment , vous êtes perdu. Or, dans ces dangereuses épreuves, rien ne soutient et ne console l'âme fidèle , comme l'espérance de la résurrection. Ce corps de péché qui l'appesantit, elle sent qu'il sera bientôt conforme à celui de Jésus-Christ glorieux et ressuscité. Dans les afflictions qui lui arrivent du côté des créatures, il n'en est aucune que cette espérance n'adoucisse. C'est par cette espérance que Job sur son fumier voyait tranquillement son corps tomber en pièces ; c'est par cette espérance que les apôtres et les premiers fidèles se réjouissaient dans leurs tribulations : ils croyaient sans cesse voir arriver Jésus-Christ du haut des airs; aussi, au milieu des tourments, ils défiaient avec une sainte fierté la barbarie des tyrans. Tel était l'esprit de ces siècles heureux ; une vaine spiritualité n'avait pas encore interdit ces divines consolations k la vertu. En efl'et, le juste serait bien à plaindre, s'il n'y avait pour lui d'espérance qu'en cette vie. L'Evangile, en un sens, ne fait que des malheureux selon le monde ; et, s'il n'y a plus rien à espérer après cette vie, rien n'égale l'infortune d'un disciple de Jésus-Christ. Aussi point de règle plus sûre que celle-ci, pour connaître si l'on est véritablement disciple de Jésus-Christ ou enfant du siècle : Seriez-vous à plaindre , s'il n'y avait point de résurrection à espérer, si vous n'attendiez qu'un anéantissement éternel après cette vie ; vous faites-vous assez de violence en celle-ci, pour dire avec l'Apôtre : Si nous n^ espérons en Jésus-Christ que pour cette vie, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes ? Qnàûà la religion ne serait qu'un songe, seriez-vous fort trompédans vos mesures? Les premiers fidèles avaient droit de dire que si Jésus-Christ n'était pas ressuscité, tout était perdu pour eux ; eux qui sacrifiaient tout à cette espérance ; eux qui n'avaient aucune autre consolation sur la terre. Mais vous qui ne sacrifiez aux promesses de la foi, ni plaisirs, ni goûts, ni superfluités ; que Jésus-Christ soit ressuscité, ou qu'il ne le soit pas, en êtes-vous plus ou moins à plaindre ? Dès là cependant vous n'êtes plus chrétien.

Troisièmement, elle corrige notre espérance, parce qu'elle nous propose les moyens qui seuls nous donnent droit d'espérer, en nous apprenant qu'il n'est pas possible de chercher sa félicité sur la terre , et d'espérer en Jésus-Christ. Mais de plus, comme une des causes les plus ordinaires de nos rechutes après la solennité, est de nous persuader que le retour à la grâce est facile, et ainsi d'espérer contre l'espérance, le mystère de la résurrection de Jésus-Christ corrige cette erreur si commune et si dangereuse. Car, puisque le bienfait de la résurrection n'a été en Jésus-Christ que le prix du plus douloureux de tous les sacrifices, et que sa résurrection est le modèle de la nôtre, nous devons en conclure que, si nous retombons, il faudra passer par de terribles épreuves, pour arriver au renouvellement de la pénitence ; et même la grâce d'une seconde pénitence nous serat-elle accordée, cette grâce qui est rare ? Conservons donc précieusement un trésor si difficile à recouvrer.

Deuxième partie. — La résurrection de Jésus-Christ nous apprend à persévérer ; elle est le modèle de notre persévérance. Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts, ne meurt plus, dit l'Apôtre ; la mort rûa plus d'empire sur lui ; parce que sa résurrection renferme un renouvellement entier et parfait ; qu'il n'a plus rien de terrestre au sortir du tombeau ; et que la mort a été absorbée dans sa propre victoire. Voilà le modèle et le moyen de notre persévérance. Voulons-nous ne plus retomber ? il faut que tout ce qui était en nous de terrestre et de mortel soit détruit, et que nous soyons des hommes tout renouvelés et tout célestes. Cependant l'erreur commune regarde le temps pascal comme un temps de relâchement et de repos ; mais c'est tout le contraire. Si vous voulez conserver la grâce de la résurrection, il doit être pour vous un temps de renouvellement et de ferveur. En voici les raisons :

l» Si vous croyez pouvoir vous permettre des mœurs plus douces, et un usage plus libre des plaisirs dans le temps pascal, parce que l'Eglise parait dans l'allégresse en ce saint temps; faites réflexion que l'allégresse de l'Eglise n'est fondée que sur la victoire que Jésus-Christ, et tous les fidèles avec lui, remportent aujourd'hui sur le péché ; qu'ainsi, si vous êtes encore sous l'empire du péché, elle est encore couverte d'un deuil invisible, et gémit en secret devant son Époux. D'ailleurs le temps de la vie présente n'est pas le temps de sa joie : elle gémit sans cesse ; elle soupire sans cesse après sa délivrance; et ses chants de joie ne sauraient être que des désirs d'éternité, et de vifs empressements d'être réunie à l'Eglise du Ciel. Voyez si vous entrez dans l'esprit de l'Eglise, en faisant consister le privilège de la résurrection dans un usage plus libre des plaisirs et dans la rareté des prières et des autres devoirs de la religion ?

2° Si, après une vie criminelle, vous avez été assez heureux pour recouvrer en ces jours votre innocence par la grâce des sacrements, vous êtes donc de nouveaux enfants de la grâce ; or, dans cet état d'enfance et de faiblesse , plus faciles à séduire ne vous faut-il pas plus de secours et de précautions pour vous soutenir? D'ailleurs, si vous ne faites que de sortir de vos mœurs criminelles , vous n'avez donc encore rien fait pour les expier. Vous avez gémi au tribunal , il est vrai ; mais ce ne sont pas là les seuls fruits de pénitence. Vous n'avez donc pas encore commencé à expier vos crimes, et vous voulez vous permettre des adoucissements. Est-il temps de se reposer à l'entrée même de la carrière ? Il peut arriver quelquefois qu'à la fin de la course, on se relâche ; mais les commencements doivent être fervents : c'est là le caractère de la première grâce. Si donc vous commencez parla chair, comment finirez-vous par l'esprit? De plus, votre propre expérience vous apprendra que les tentations ne sont jamais plus violentes que dans un commencement de nouvelle vie ; parce que le démon , furieux d'avoir laissé échapper sa proie, met tout en œuvre pour la recouvrer. Les tentations étant donc alors plus vives, et la piété plus faible n'est-il pas évident que la fidélité et la vigilance ne furent jamais plus nécessaires que dans ces commencements ?

30 Puisque l'EgUse, en ce saint temps, fournit moins de secours extérieurs à la piété des fidèles, vous devez remplacer ce défaut par un renouvellement de zèle et d'attention ; car pour vous qui êtes encore faible dans la foi, cette privation de secours sensibles a ses dangers. Il est à craindre que, ne trouvant plus autour de vous les appuis extérieurs de la piété, vous ne puissiez vous soutenir tout seul ; et que la sainte liberté de ce temps ne soit pour vous une occasion de chute et de libertinage. D'ailleurs entrez dans l'esprit de l'Eglise ; depuis la naissance du Sauveur jusqu'à sa résurrection, et à l'effusion de son Esprit saint que nous attendons, elle vous a tenus sous ses ailes, pour ainsi dire, comme des petits qu'elle enfantait, et qu'elle voulait former à Jésus-Christ. Mais désormais, ces mystères étant accomplis, elle regarde son ouvrage comme achevé en vous • et vous regardant comme des hommes tout célestes, elle se retire dans le secret de son sanctuaire, et ne propose à votre piété que le mystère ineffable de l'unité de l'essence divine, et de la trinité des personnes, qui fait toute l'occupation et tout le culte des bienheureux ; parce qu'elle croit que vous mènerez désormais une vie toute céleste. Jugez si vous devez vivre selon les sens, dans un temps où l'Eglise suppose que votre vie est enfin toute cachée en Dieu avec Jésus-Christ.

40 Mais supposons qu'une vie molle et moins attentive ne fût pas dangereuse pour la piété après la solennité sainte, elle serait du moins injuste pour la plupart des fidèles. Le juste, arrivé au bout de cette sainte quarantaine, a droit d'essuyer ses larmes et de goûter avec l'Eglise les consolations sensibles de ce saint temps; lui, qui loin de se dispenser de la sévérité de ses lois y a ajouté des rigueurs de surcroit. Mais ceux qui, au lieu d'avoir été pénitents pendant le carême, ont été prévaricateurs de' la loi commune même de la pénitence ; qui ont porté au mystère de la résurrection des passions aussi vives et aussi entières qu'elles relaient avant ces jours de macération et d'abstinence; ah! ceux-là, loin de se permettre aujourd'hui des délasse-

GRAND-CARÉME.

méats, doivent se mettre en état de réparer leur lâcheté passée, et changer ce temps de joie en nn temps de deuil et de tristesse.

Au reste, la grâce ne peut se conserrer que par les mêmes voies par où on l'a recouvrée. Vous avez employé, pour la recouvrer, les larmes, la componction, une vive horreur de vos fautes, l'éloigncment des occasions, une conviction sincère de votre faiblesse, et du besoin que vous aviez de prière et de vigilance , la fuite du monde et de ses plaisirs, etc. : voilà le plan de vos devoirs jusqu'à la 6n. Suivez toujours ces routes heureuses, qui vous ont conduit à votre délivrance ; et vous persévérerez. Vous relâcher, ce serait tout perdre, et risquer tout le fruit de vos travaux passés.

Traditas e«t propter delicta nostra , et renurrexit propter justificationem nostrana.

n a été livré à la mort pour nos péchés, et il est ressuscité pour notre justification. Rom., iv, 25.

C'est avec raison, mes Frères, que l'Eglise a célébré dès le cominencement le grand mystère que nous honorons, comme le plus heureux de ses jours, et sa solennité par excellence. C'est aujourd'hui le grand jour du Seigneur, ce jour que le Seigneur a fait et qu'il a fait plus glorieux pour lui et pour son Eglise, que tous les autres jours. Oui, mes Frères, c'est en ce jour que le scandale est ôté ; que tous les mystères ignominieux de Jésus- Christ se développent ; que le secret de ses souffrances est éclairci ; que l'obscurité de ses paraboles est comprise, et le sens des Ecritures manifesté. C'est en ce jour que ^ mission est autorisée, son ministère reconnu, ses promesses confirmées, ses prédictions accomplies, sa doctrine justifiée, et tous ses travaux couronnés. C'est aujourd'hui que les disciples chancelants se rassurent, que leur tristesse se change en joie, que leur incrédulité est guérie, que les ennemis de la religion sont confondus, que la foi de tous les siècles est établie, que la vérité de nos mystères est prouvée, que l'Eglise sort avec son libérateur triomphante du

C'est avec raison, mes Frères, que l'Eglise a dès le commencement regardé ce jour comme le plus heureux de ses jours, et célébré sa solennité par excellence. C'est aujourd'hui en effet que la gloire de la croix est reconnue, que tous les mystères d'ignominie et de honte de Jésus-Christ sont terminés, que la Gn de ses souffrances est venue, que robscurité de sa mort est relevée, que la vérité de ses oracles est manifestée. C'est aujourd'hui que ses maximes sont autorisées, son ministère reconnu, sa puissance respectée, ses prodiges con* firmes, sa mission accomplie, sa doctrine justifiée, et tous ses travaux couronnés. C'est aujourd'hui que ses disciples chancelants se rassurent, que leur incrédulité est forcée de se rendre, que leurs soupçons s'évanouissent, que leurs doutes s'éclaircissenl, que les ténèbres de leur esprit sont dissipées, et l'inconstance de leur cœur fixée. C'est aujourd'hui que les Juifs sont détrompés, que l'erreur, l'impiété et l'hérésie sont confondues, que la vérité de la religion de Jésus-Cbrisl est prouvée, qne l'Eglise sort glorieuse du tombeau avec son libérateur.

tombeau, que la docilité de tous les peuples du monde est préparée, et tous les esprits d'erreur, qui doivent s'élever un jour, convaincus de contradiction ou d'imposture. C'est aujourd'hui enfin, que l'immortalité nous est assurée; les tribulations de la chair adoucies ; les souffrances de notre exil consolées ; et une vie toute spirituelle proposée aux chrétiens.

Oui , mes Frères , Jésus-Christ était mort pour crucifier le vieil homme; il ressuscite pour former le nouveau : il était mort pour délivrer des esclaves ; il ressuscite pour apprendre aux enfants à user saintement de leur liberté : il était mort pour payer nos dettes; il ressuscite i)our nous combler de ses grâces : il était mort pour sauver des coupables; il ressuscite pour instruire et perfectionner des justes : il était mort pour fermer les portes de l'enfer ; il ressuscite pour nous ouvrir celles du ciel : en un mot, il était mort pour nos péchés ; il ressuscite pour notre justification : Traditus est propter delicta nostra^ et resurrexit propter justifîcatioiiem nostram.

Pourquoi cela, mes Frères? pour deux raisons que je vous prie d'écouter avec attention. Premièrement, il ressuscite pour notre justification ; parce que sa résurrection renferme les motifs les plus pressants que la religion puisse nous fournir, pour persévérer dans la

que la foi triomphe de ceux qui avaient osé la combattre, que la docilité l'emporte sur la vaine philosophie, et que tous les esprits opiniâtres et rebelles sont honteusement convamcus d'imposture et d'erreur. Enfin c'est aujourd'hui que la résurrection des lorps est établie, que l'immortalité de l'âme est assurée, que la délivrance de notre exil nous est promise, et une vie toute spirituelle proposée aux chrétiens.

Or Jésus-Chrisl était mort pour détruire le vieil homme, et il ressuscite pour faire régner le nouveau ; il était mort pour délivrer des esclaves que le démon tenait captifs, et il ressuscite pour apprendre à des enfants à user de leur liberté ; il était mort pour payer nos dettes, et il ressuscite pour nous combler de ses grâces ; il était mort pour racheter des coupables, et il ressuscite pour consoler des justes ; il était mort pour nous fermer les portes de l'enfer, et il ressuscite pour nous ouvrir celles du ciel ; cnlin il était mort pour nos péchés, et il lessuscite pour notre justitication : Traditus est propter delicta nostra,et resurrexit propter justificationem nostram.

SECOND SERMON POUR LE JOUR DE PAQUES

grâce de la justification, que nous venons de recevoir dans les sacrements ; c'est mon premier point : en second lieu, parce que sa résurrection nous propose les moyens les plus sûrs d'y persévérer; c'est le second. La résurrection de Jésus-Christ nous anime à persévérer dans la grâce reçue; nous apprend à y persévérer : elle est le motif et le modèle de notre persévérance. Voilà le sens des paroles de mon texte : Traditus est propter delicta nostra^ et resurrexit propter justificationem nostram : c'est là tout le sujet de ce discours.

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