‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 3)Chapitre 1 sur 45 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il est rare qu'Hun même homme saehe aller an (Boeur ^ le touche ^ le remue à son gré par la force de son éloquence ^ et qu^il réussisse également bien ^ lorsqn^il sera question de faire un éloge» Cest une réflexion que fait Cicéron ^ en parlant des orateurs. Ces deux talens sont aussi différent dans le but qu'ails se proposent^ que dans les qualités qu'ails exigent. LW veut plaire à Fesprit par des traits brillans et ingérueux ^ Pamuser par des descriptions agréables^ flatter Foreille par rharmonie et la pureté du style ^ il est presque plus occupé de la manière d^exprimer les choses^ et de la tournure qu^il doit leur donner^ que des choses elles-mêmes. L''autre ne pense qu'à intéresser le cœur ^ et à le faire entrer dans ses sentimens ^ s'il ne néglige pas les ornemens qui naissent du fond du sujet ^ il écarte avec soin tout ce qui ne feroit qu'une vaine parure dans le discours. Chacun de ces talens demande donc un caractère d'esprit qui lui soit assorti. Voilà pourquoi il n'est pas ordinaire de les trouver réunit dans la même personne.

Ce fut cependant par des oraisons funèbres que Massîllon^ si touchaùt , si intéressant dans ses Sermons ^ commença à se faire un nom dans le monde pM>mi les orateurs. Il étoît extrêmement jeune , lorsqu'il fit celle de Heiori de Villars , Tome FIL Qraisons fuw* • t

i ATERTISSEHENT.

jïrche\êque de Vienne ^ et peu de temps après ^ celle de Camille de Neuville de VîUeroy , arche— -vèqpe de Lyon : et néanmgins quels applaudissemens ces deux pièces ne reçurent-«Iles pas? Dès lors ses supérieurs le destinèrent à la chaire. Ils avoient été indécis ^ jusqu^à ce moment ^ sur le genre d^étude auquel ils dévoient le fixer ^ p\rce qu'ail avoit paru jusqu^lors également propre à tout : belles-lettres ^ philosophie ^ théologie ^ tout paroissoit être son talent ^ dès qu^il ^ y appliquoit. Mais le succès étonnant qu^il eut ^ dès qu^il se montra dans la chaire ^ fit juger qu'il devoit s^ consacrer uniquement: on eut bien de la peine à surmonter sa répugnance ^ enfin il se rendit ^ et ne songea plus qu^à répondre aux vues de ses supérieurs*

La première oraison funèbre qu^il composa^ après les deux dont nous venons de parler ^ fut celle du priace de Conty , fort applaudie lorsqu'elle fut prononcée , fort critiquée ensuite lorsque Timpression Teut rendue publique. D en a depuis composé trois autres qui n'^avoient point encore vu le jour^ celle du graqd Dauphin^ celle du feu Roi ^ et celle de Madame. U y a dans celle de Louis XIV une noblesse d'exprès^ sion qui égale en quelque sorte la grandeur du sujet qu'il traitoit.

Nous aurions bie^i souhaité ne faire entrer dans ce volume que des oraisons funèbrc^s^ d'autant plus que c'est ainsi qu'on a imprimé séjîarément àç leyrs aulres puviages , çeUç^i 4^

ÂtEKTISSEMENT. î

MM. Bossuet et Fléchîcr , et de quelques autres célèbres prédicateurs. Mais il eût fallu pour cela dianger le caractère et en employer de plus gros:^ autrement c6 volume n'^eût point été proportionné aux volumes précédens. Cet inconvénient nous a déterminés à joindre aux oraisons funèbres quatre Discours pour des professions religieuses. Nous supplions que le titre de ces Discours n'^enifpèche personne de les lire. Ce ne sont pas seurlement les religieuses que Massillon y instruit :j c*'est pour les gens du monde qu'il Jiarle;; et rien n'^est plus fort et plus plein de religion que ce <ju'îl y dit pour leur faire connoître Li sainteté et Texcellence de Félat d''uu ckrétieti ^ et combien on se trompe dans Fidée qu'on s^en forme communément*

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