PRINCE DE CONTI
Habebo'claritatem ad tnrbas, et honorcm apnd seoiores, îuyenis. Acutus inveniar in judîcio, in conspectit potentium admirabilis ero , et habebo immortalitatem*
Je me rendrai illustre parmi les peuples 9 et je mejerai respecter des sages et des vieillards , nûme des ma jeunesse. Les princes et les puissans admireront Vétendue de nieê lumières et la pénétration de mon jugement ^ ot je jouirai Me l^ immortalité» Sa^. 8. 10. n. j3»
. Monseigneur^
Jr oisQUE Tesprît de Dieu , source de toute vérité^ loue lui-même dans uu priace de Juda ^ ces talens rares et éclatans^ qui forment les grands Lommes ^ pourquoi viendrois-je ici ^ Messieurs ^ vous tenir un autre langage ?
Pourquoi^ poussant trop loin, ou le devoir de mon ministère , ou le néant de toutes les grandeurs humaines, que cette cérémonie fu-^ nèbre nous met devant les yeux, emprunterois-je Je langage de la piété, pour vous dire que la
ORAIS05 FirX. DE M. LE PRINCE DE CONTI. O^
gloire des armes est un yaia bruit :| que les vertus civiles^ qui font toute la douceur et toute Thar^ monie de la société ^ ne sont que des noms :; que les vastes connoissances et Télévation du génie ^ sont de fausses lueurs qui n^ont rien de plus réel ^ que la méprise qui les admire ^ et qu^ea&n les plus grands hommes ne sont que néant.
Laissons aux dons de Fauteur de la nature fout leur prix et tout leur usage : respectons ces grands spectacles^ dont sa puissance décore de temps en temps Funivers ^ en y montrant des hommes extraordinaires 5 et ne confondons pas Fabus que Forgueil fait toujours des dons de Dîeu^ avec la gloire attachée à Fusage légitime que Fhommo en devroit faire.
n esft vrai que la gloire des pécheurs n'est
qu^un ver, ( i. Maclu 2. 62, ) qui en brillant
au dehors , les ronge et les dévore en secret par
■ Fiajustice de leurs désirs , et fait de leur grandeur
niéme leur supplice.
' Mais les pécheurs ne sont pas Fouvrage de Dieu: ce qu'ils ont de grand vient de lui: il met en eux ces dons éminens pour le bonheur des peuples, pour la sûreté des états, ponr la défense des autels, pour Fhonneur de Fhumanîté, et pour les rappeler eux-mêmes par ces traits d'élévation , dont il les avoit ennoblis , de la bassesse des choses présentes , à la grandem* des éternelles.
Coupables , dès qu^Is font servir les dons de Dieu à Finjustice, et qu'ils tr<>uvent dans ces
Ç6 OtRAISOW rtJîlÈBUE
ressources de salut ^ la plus inévitable occasîort de leur perte.
Ainsi^ Messieurs, si le Très-Haut, très-puissant^ très-excellent prince, François-Louis de Bourbon^ prinoe de Conti^ que toute la France pleure^ que les étrangers regrettent, que nos ennemis mêmes , oubliant les pertes qu'ails durent autre^ fois à sa valeur , honorent de leur douleur et de leurs éloges : si ce prince n^avoit été qu'Hun grand homme selon le monde , et qu il fut mort plein de gloire devant les hommes , mais vide de foi et de charité devant Dieu , hélas ! que viendrois* je faire ici? et quelle part la religion pourroit-^lle avoir à son éloge ?
Mais grâces à vos miséricordes étemelles ^ à mon Dieu ! vous avez vu ses voies^ ( /s. 57. i8, ) vous Tavez rappelé lorsqu''il étoit éloigné. Sa valeur au milieu des périls n'*a plus été qu^une force chrétienne dans ses infirmités. Ce fonds de raison^ de modérartion , de bonté , de vérité , d'équité , de tout ce qui peut faire d'*un homme les délices des autres hommes ^ a fourni à votre grâce les préparations de tout ce qui dcvoit le rendre agréable à vos yeux. Ses lumières qui lui avoient toujours montré de loin le salut et la vérité^ Ten ont enfin rapproché ^ et vous avez fait succéder les consolations aux larme» de ceux qui le pleurent. ( Ibid. ) '
Consacrons donc , sans scrupule , à Thonneur de la religion un éloge où la religion paroitra toujours honorée : et qu"*une voix dévouée à la