DE M. DE VILLARS
lui bàtir UQ temple dans une de ses terres *^ et comme un autre Michas ^ il \oulut avoir auprès de la maison de ses pères ^ ses dieux , son lévite ^ et tout Fappareîl superstitieux de son culte. ( Jiuiïc. l'j, 5. ) Il n^y avoit point alors de roi en Israël ^ comme le dit rEcriture du temps de ce Juif, et chacun étoit à soi-même sa loi et son juge.
Qu attendez— vous ici du ministère de notre s^eai? uue criminelle complaisance toujours prête à se faire des amis , non pas des richesses d^iniquité , selon le mot de FEvangile , mais des plus sacrées dépouilles du sanctuaire ? une timide dissiinulation , qui honore sa lâcheté de tout le mérite de la prudence? une foible résistance^ qui paroit d^abord , mais seulement pour pouvoir se dire à soi-même qu^elle a paru? En vain mille intérêts secrets sollicitent Tagrément de Fagent : il s^oppose au nom du clergé , trop zélé sacrifi-» cateur du temple de Sion , pour soufirir que sous son ministère , les h^uts lieux se multipUeot dans Israël. (4« J^^g* i8. aa.) Heureux d'avoir vu depuis , pendant les jours de son sacerdoce ^ la piété d'un autre Ezéchias s^employer à les détruire , 6ter du milieu de Juda les dieux étrangers , et obliger les peuples à venir tous adorer à Jérusalem ! Mais ce . n'^est la qu'Hun premier essai de sa droiture.
Sacrés. prélats de nos Gaules, combien de fois le vltesr-vous dans vos assemblées ignorer Fart
nouveau de se twe ) redooaer à Tépiscopat sa
a4 oraison tfUNfeBKS
première liberté ^ Qu'envisager sa fortune CjXJik travers son devoir^ être le Gamaliel de Passenoir blée des princes des prêtres ^ et savoir opiner dans des coifjonctures ^ ou il ne falloit savoir que consentir? Que ne puis-je ici publier sur les toits ce qui s^est passé dans le secret ! Vous verriez des instances éludées^ des espérances méprisées^ les intérêts de la chair et du sang oubliés^ Tautorité souveraine ramenée aux inten* tions du , souverain ^ et une droiture inflexible dans un siècle où toute la .fermeté semble se réduire à ne pas se ménager soi-,même^des occasions de lâcheté. Mais ce sont là de ces traits qu'ion ne peut montrer qu'yen éloignement^ de ces merveilles destinées à Tobscurité , et qui nous révélant des maux secrets ^ doivent ^ comme les figures d'^or des plaies des Philistins ^ demeurer cachées dans Tarche. Avec quelle constance le vîmes-nous négliger un repos si cher à Tépis-copat ^ pour rendre à son autorité ses premières bornes^ y rejoindre les titres sacrés et inaliénables^ que Fignorance ou la superstition des siècles passés en àvoit détachés; soutenir contre une puissante et célèbre abbaye^ les plus aneiens droits' du sacerdoce; arracher des mains étrangères les dépouilles de son épiscopat ; rétablir le premier p'àsteur ^ chef des pasteurs subalternes ;j rejeter un traité pernicieux ^ et ne vouloir pas vendre une paix qui laissoit la division daos le sanctuaire; en un mot^ ne pas souffrir comme Salomon^ que le corps de Jé$us-C!bnst fût divisé ' entre
nV M. 1>E YILLAKS. sS
entre deux Eglises ^ et faire déclarer la seule ef véritable mère^ celle qui ne vouloit point d« partage !
Les égards ^ la bienséance même du sang et de I amitié ^ lui surprirent-ils jamais de ces grâces qui minent la force des lois ^ et s'^élèvent ' sur lemis débris ^ dessèchent peu à peu cette sève précieuse qui anime encore le tronc^ achèvent d^épuîser ces esprits primitifs d^ordi'e et de ré-^ gularité ^ qui ^ à travers tant de siècles ^ ne sont arrivés jusques à nous^ que foibles et presque défaillans ^ donnent par ime officieuse cruauté le dernier coup à la discipline mourante ^ et comme cet Amialécâle échappé de la déroute de Saùl , ( 2. Jleg. I. 10. ) font rendre le dernier soupir i la puissance et à la majesté d^sraël ^ sous prétexte devoir égard à ses maux ? Ah ! il ne resserra jamais tant les bornes de s<m autorité. que lorsqu^il fallut remployer pour ceux qui lui étaient chers : sa main retenoit les grâces qu« * le* cœur avoit trop de penchant dVccorder ; et Oa anroit dit que le droit de tout obtenir de lui « étoit un titre pour en être presque toujours re^» fusé. DonneJ& , Seigneur ^ à vos ministres cet es« • prit de force «t de circonspection : ne souffrez pas que votre héritage devienne la proie deg nations ^ et l'opprobre de ceux qui vous haïssent.
Ce fonds de droiture et d'intégrité prenoit sa source dans l'amour qu'il eut toujours pour TEglise. Quelles mesures n^ prit-il pas pour la remettre à Jésus-Christ pure et beHe<^ et lui faire '
d6 OKAISON FUNÀBRfe
J)erdre les taches et les rides ^ que Tignoranc^ des siècles passés et la licence dti notre y avoienl laissées? Quelles étoient les ruines de ce temple ^ lorsque nous y \imes entrer notre nouveau pontife ! Ah ! ici sWrent à moi des spectacles bien divers*. Je vois la 6Ile de Sion enveloppée de sa honte et de son ^nominie^ souffrant que Fen-* nemi porte une main téméraire sur tout ce qu'houe a de plus précieux ^ et devenue presque toute semblable aux filles de ïyr ; je la vois sortir comme Paurore du sein de ses ténèbres ^ rentrer peu à peu dans son éclat , et reprendre le soin de sa gloire : je la vois sous des images si différentes^ et je me trouve également embarrassé^ et par ce que je dois dire et par ce que je dois taire.
Oui ^ Messieurs ^ vous le savez , les malheurs du temps et les dissensions civiles^ la Hcence et le crédit de Terreur avoient presque éteint la foi dans nos Gaules ^ et confondu les droits çt la discipline de nos Eglises. Celle-ci moins heu-* reuse que la terre de Gessen ^ ne fut pas à couvert des plaies communes : ( Exod* 9. 26.
Tange exterminateur y passa. Les traces de la colère divine furent long-temps empreintes sur nous^ et malgré [tout ce qu^avoient fait ses prédécesseurs ^ le prélat que nous pleurons , y trouva encore beaucoup à faire.
. La première marque d'^amour qu'ail donna à la nouvelle Jérusalem, ^ à cette épouse descendue dji ciel , &t de ne la jamais perdre de vu9«