PREMIÈRE PARTIE
Les -principales sources de rinconstance des hommes dans les voies de Dieu, sont ou dans ^n afibiblissement de la foi, qui conmic^ce k sYteindre , et à jeter une espèce de nuage sur les vérités de la doctrine sainte ^ ou dans la tié«* deur de Tespérance , qui n^ouvre plus le sein de la gloire à leurs yeux, et ne réveille plus en eux le désir des bieps étemels. Or, la piété chrétienne trouve dans le mystère de la résurrec^ fîon , des préservatifs con^e ces deux écueils , eft des motifs très-puissans pour persévérer dans* )a grâce , . où la participation aux saints mystères jft 4û vo^â établir ^n ces jour^ solennels^
DIS NOtKE sèiCNETÎB. tjl
En effet ^ eu premieif lieu ^ â raffoiblissemeat de la fol est dWdinaire la première source de nos rechutes :j s'il y a toujours une sorte d^incrédulité qui devance le crime ; 8^1 faut que Fesprit doute en quelque manière des vérités que le cœur abandonoe^ et que la religion s'affoiblisse daas une ame où la piété s'éteint ^ qui peut douter que la résurrection de Jésus— Christ ne soit le grand témoignage de la foi chrétienne^ et que tous les autres mystères ne trouvent en celui— ci leur vérité et leur certitude? En effet ^ si Jésus- Christ n'est pas ressuscité , disoit autrefois F Apôtre aux fidèles de Corinthe ^ notre prédication est inutile^ votre foi est vaine ^ et nous sommes noustnèmes des imposteurs. Mais par une raison con-* traire^ si Jésus— Christ est ressuscité^ notre mî-» nistère vient donc du ciel , votre foi est certaine ^ la doctrine de l'Evangile est divine ^ ses promesses sont infaillibles.
Oui, mes Frères, si la vertu du Père a délivré Jésus-Christ d'entre les morts , JésUs--Christ étoit donc un envoyé du ciel , pour annoncer aux hommes la doctrine du salut. Le Dieu véritable et fidèle n'auroit pas voulu autoriser l'imposture, en la revêtant du caractère de la vérité , et l'honorant d'une grâce , dont jusqu'à Jésus— Christ «ucun homme mortel n'avoit été favorisé ^ puisqu'il ressuscite pour ne plus mourir: prodige que Jésus-Christ lui-même avoit pronus à ses disciples "et à ses ennemis, comme le témoignage le plus décisif delà vmté de son ministère. Donc^
17a aVB LA RESURRECTION
sa résurrection une fuis établie^ tQEUs ses mystères sont prouvés^ dît saint. Augustin^ et la foi des chrétiens n a besoin que de ce seul téinoignag^ : Resurrexit'Christus ^ absolutares est, (S. Aug.) Or ^ comme je parle ici à un peuple fidèle ^ qu'ail faut édifier ^ et non pas convaincre , je ne m'^àrrête pas à vous montrer que tout établit aujourd''hiii la vérité du miracle éclatant de la résurrection du Sauvem\ Premièrement , les précautions mêmes de ses ennemis : ils avoient scellé le tombeau^ ils Favoient environné de soldats^ ils nVvoieut rien oublié pour éviter ujie surprise. Ils se souveuoient que ce Jésus qu'ails ont crucifié , avoît prédit qu'il ressusciteroit le troisièiue jour^ ils neparoissoient attentifs qu'à empêcher les disciples d'enlever le corpa de leur divin Maître : des enne]:Qis.si puissans^ si vîgilans^ si intéressés à n'être point surpris , u'avoient garde de se laisser suipreudre. Secondement, la déposition des sol-r dats:'ils lem: font publier^ que pendant qu'ils dormoient, les disciples sont venus enlever le corps de leur Maître. Mais si un profond sommeil ne leur a pas permis de le voir, comment peutil Ij^ur permettre de l'assurep? D'ailleurs une multitude de satellites destinés à veiller sur le sépulcre et à le garder, peuvent — îk tous de concert et en même temps , s'être livrés au som*^ meil , et à un sommeil si profond et si durable^ qu'étant presque assis sur la pierre qui fermoit le tombeau , ils aient dqnné le. temps aux disciple de l'ouvrir , d'en tirer le corps du Sauveur ^ saos
^W cavrage si long ^ si difficile ^ si impraticable, sans bruit et sans agitation , n^ait éveillé quelqu^un des soldais ^ et déconcerté une entreprise si témé- ^r«îre et si insensée ? De plus • ces disciples dou— tent eux-mêmes ^ ils n^'espèrent plus Faccomplîs— semeDt des promesses de Jésus4IIhrist^ ils refusent même de s^en rapporter au témoignage des saintes iemmes : des esprits si grossiers et si incrédules ^ sont bien éloignés de publier ce qu'ils ne croient pas euxHnémes. Troisièmement , les apparitions du Sauveur. Ce n'est pas une seule fois qu'il se montre à ses disciples ^ on eût pu se défier de riBasiou ^ c'est fort souvent : ce n'est pas en passant^ l'imàgiiiation frappée peut pour mi peu de temps suppléer à la vérité par ses images, et trans{>orter au dehoi's ses propres songea 5 c'est pendant quarante jours: ce n'est point de Icnn , et au milieu des airs , où le prestige eût été probable 5 c'est au milieu d'eux, mangeant, buvant avec eux , se laissant voir de leurs yeux et toucher de leurs mains , et les instruisant , et lem* parlant du royaume de Dieu : ce n'est pas à un seul ^ il est des esprits plus crédules que les autres • c'est à tous en commun , et à plusieurs en particulier r ce n'est pas sous une figure nouvelle : le changement eût été suspect ^ c'est avec ses plaies , et tous les traits auxquels ou pouvoit encore le re-^ connoltre. Enfin, le martyre des Apôtres, pour rendre témoignage à la vérité de ce miracle^ dont ils avoient été témoins : Cujus nos ormies testes sumus. ( Act. a. 32, ) Quel mtérêt ont--
ils de le piibl^r ^ si Jésus-Christ n^est pas res~ suscité ? Quoi 1. ils vomt s^exposer aux plus i^ruels tiiurmens pcwu* établir une doctrine qu^ils croient eux-mêmes fausse ] ils vont tromper le genre humain ^ sans attendre d^autre prix de leur im.— posture que. les feux ^ les roues et les gibets ! Une fausse persuasion ^ en matière de religion surtout^ peut pousser des esprits simples et crédules à des excès et à des démarches extraordinaires. Mais que des pécheurs grossiers^ que des hommes sans lettres ^ et de la lie du peuple y entrepren-* nent ^ de sang froid ^ d^aller séduire Tunivers ^ et de braver tous les genres de mort les plus aflfreux^ pour publier que leur Maître est ressuscité^ et qu''ils soient persuadés qu'il ne Test pas ^ c'est- Une SQrte d'extravagance dont les hommes né sont pas capables^ et qui deviendroit iin'plus grand prodige , que tous ceux mêmes que Fin— crédtdité conteste à la foi des chrétiens*
D'ailleurs ^ ces disciples ont abandonné Jésus- Christ pendant sa vie ^ tandis qu'ils le F<^ardoieBt encore comme le libérateur promis k leurs pères ^ et le Christ , Fils du Dieu "\iyant ^ et ils le confesseront généreusement sm* les échafauds ap¥è$ sa mort ^ lorsqu'^ils ne doiyenjt plus le regardes çué comme un séducteur ^ qui n'est pas ressus^ cité selon sa promesse? ils verseront tout leur sang^pom: un homme qui a abusé de leur crédu-: Kté ? ûs §e répandront dans tout l'univers , comme des désespérés.^ pour débiter un fait qu'ils croient Ssibuleux? et parmi tous ces Eomoxes foibles et
DE NOTRE SEICWEU». I?^
timides^ aucun d'yeux ne se démentira, et ne confessera au milieu des iourmens , sa fureur ni son extravagance P Mais je. sens que jHnsiste ttop long-temps sur une vérité si éclatante , et que votre religion est blessée des. soins cpie )• semble prendre pour la justifier» .
Qr^ voilà, mes Frères, comme la résurrecti#!i du Sauvemr soutient la foi de Thontme juste : il voit dans ce mystère toute la religion assurée ^ les chàtimens. dont elle menace , certains ^ ses promesses, infaillibles^ ses préceptes , nécessaires^ ses conseils , importans ^ ses observances , respec^ table&^ le plus simple dcteâl de son culte ^ digne de nos bommages. Dès^là que Jésua-Clirist est ressuscité , ab! dès lors je ne trouve plus rien de si grand que la vertu ^ rien de plus à craindre que le vice ^ rien de plus insensé que de négliger le soiu de son ame; rien de plus sage. que de sacrifier au salut. Dès— là les dérisions des impies sur la sainteté de nos mystères , sont des extra-7 vagances que j^ai peine à comprendre^- et des blasphèmes dont i''ai horreur :j les réflexions des sages du monde sur les. saintes obscurités de 1% foi , des discours d^cnfaut. Dès-là FËvangile me paroit ma seule règle ^ les exemples de Jésus-^ Christ,, mon modèle;^ les terreurs de la pie té ^ des dons de. Dieu ^ la sécurité «des libertins , une fureur dSsespérée^ en un mot, Finûdélilé aux grâces reçues , et les rechutes dans les premiers désordres, le plus grand. des malheiu^,^ et Ict caiactère des réprouvé&*
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Or ^ mes Frères , quoi de plus propre à mettre tm. frein à Tmconstance du cœur de rbomme ^ et à rétablir dans une piété solide et durable ^ que ces grandes vérités P Âh ! aussi les disciples , témoins de la résurrection de Jésus— Christ ne se démentent plus^ ils persévèrent tous jusqu**à la fin dans la prière ^ et dans le ministère de la parole sainte; il ne se trouve plus parmi eux de Judas ^ qui abandonne la vérité connue. Dès que le Seigneur a apparu à Pierre , cet apôtre ne retombe plns^ et confirme même ses frères. A peine Thomas a-t-il touché les cicatrices glorieuses de ses plaies^ quHl adore son Seigneur et son Dieu ^ et demeure à jamais fidèle. Les disciples dT^mmaûs ne Font pas plus tôt reconnu à la firac* tîon du pain^ qu'ails retournent à Jérusalem se réunir aux autres disciples. Ah , mes Frères ! ne sommes-nous pas tous ici les témoins de la résurrection de Jésus-Christ? ne sommes-nous pas les enfans des saints qui le virent et qui Fadorèrent iur la montagne de Galilée? Non* avons vu de leurs yeux ^ et touché de leurs mains : nous a^ ons même senti , en ces jours heureux ^ Jésus-Chiîst ressuscité au dedans de nous par la grâce des sacremeus. Eh ! pourquoi retournerions-nous donc encore en arrière? pourquoi rentrerions — nous dans nos premières voies? Si ce mystère rend notre foi inébranlable , pourquoi laîsseroit-il encore des inconstances à notre cœur ? S^îl seroît monstruetix, après tant de preuves, dit saint Augustin^ de iie ]:as croire^ rest~il moins de