DE NOTRE SEIGNEUR
menant désormais sur la t^re une vîe toute céleste ^ elle ne doit ^lus offiir à votre piété que le , même objet que TEglise du ciel oflfre à ses élus , et qu^elle n''a plus qu''à vous ouvrir le sein de la gloire , et le nàystère ineffable de la Trinité , loin de vous suivre encore, et de vous secourir, comme elle a fait jusqu'ici , au milieu des périls et des écueils qui sont sur la terre. Jugez si ces fours, de perfection , de gloire , de vie céleste , de plénitude de TEsprit-Saint pour des .chrétiens , peuvent devenir des jours de relâchement et de licence^ et si vous devez. vivre selon les sens, - dans un temps où TE^lise suppose que votre vie est enfin toute cachée en Dieu avec Jésus^Christ. Mais , après tout , quand une vie molle , sensuelle, moins attentive, moins accompagnée de toutes les précautions et de toutes les violences de la piété , ne seroit pas dangereuse après la sainte solennité, die seroit du moins injuste pour la plupart de vous ^ mes Frères , qui m'^écoutez. Et certes , mes Frères , ces jours de pénitence dont ,noxis venons de sortir , ont-ils assez exténué votre chair , pour vous donner droit à, vous délasser de . vos peines ? qu a^vez-vous souffert durant ce tempe» .consacré par TEgUse à U niortiâcation et aux souffrances de Jésus-Christ ? en quoi Tave^vous distmgué dea antres temps de Tannée? avez^vous paru, dans nos temples sous la cendre et sous te cilice? avez-vous mêlé votre pain avec ramer*-" tume de vos larmes ? art-on vu plus de prières ^ ^u» de retraite ^ ]^lu& d'iaustérité ^ o^u du moiaj
igS STJR LA RtSURBECTIOrf
plus de régularité dans tos moeurs? avcz-vooa seulem^ut satisfait aux lois de FEglise^ et fait génûr sous le devoir austère du jeune ^ accomjrfi dans toute son étendue^ un corps que vous ne sauriez trop cMtier? Ah.! le ),uste arrivé au bout de cette carrière ^ a droit d^essuyer ses larmes ^ d^ laver son visage ^ de parfumer sa tète ^ de se re-vêtir de ses vètemeas de gloire et d''allégresse^ de prendre part à la joie publique de TËglise ^ et de gputer avec elle les consolations sensibles de ce saint temps ^ lui qui ^ loin de se dispenser de la sévérité de ses Icms ^ 7 a ajouté des rigjueurs de surcroit. Mais vous qui^ au lieu d^avoir été pénitent^ avez été prévaricateur de la loi commune fiiéme de la pénitence^ vous qui partez au mystère de la résmrection hb^ chair ^ aussi rebeÛe^ des passions aussi vives et aussi entières quVHes Tétoient avant ces jours de macératiœi et d^ab$tî- Hence : ali 1 loin de vous permettre aujourd^hni des délassemens que tous n^avezpas nïérité»^ vous devez vous mettre en état de réparer votre lâ^ ebeté passée ^ d^accompllr ce qui a manqué à votre péii^ktence ^ de changer ce temps de joie ea noi temps de deuil et de tri:>tesse^ et dé commen-- ^ee une carrière que vous n^avez pas encore fournie.
El si vous souhaitez d^apprendre avant que je finisse^ en quoi consiste ce renouvellement qu^oB TOUS demande ^ et quèk sont en détail les moyens de conserver lu graee de la résurrection ^ ce qui dioil èlre le ffvit de tout ce discours ç je von» ré»
ponds que la grâce ne peut se coiKerver^ que par les mêmes Toies par où on Ta recouvrée ij qu«^ les sentimens d^amour ^ de componction ^ qui Font attirée dans votre ame ^ seuls peuvent Fy eut re- . tenir: et qu^il en est deFhomme spmtuel ccnnme de Fhomme terrestre^ c''est-a-dire que sa con-* . nervation n^a rien qui ne ressemble à sa première . formation. Or ^ je vous demande ^ comment vous^ y ètes^ous pris en ces jours solennels ^ pour recouvra: la grâce de la sanctification^ s^il est vrai que vous Fayes recouvrée ? quelles sont lesvoies par où vous êtes arrivé à cet état heureux ? les larmes ^ la componction ^ une vive horreur de vos fautes^ un éloâgnement infini des occasions qui vous avoient séduit ^ une conviction sincèpe de votre foîblesse^ et du besoin que vous aviez de prière et de vigilance^ un dégoût véritable du monde et de ses plaisirs ^ un goût de Dieu et de . tous les devoirs de la piété ^ une crainte efiectivo de mourk enfin dans votre péché. Eh bien! mon cher auditeur , voilà le plan de vos devoirs jusqu^à la fin* Suivez toujours ces routes heuretises ^ qui TOUS ont conduit k votre délivranee ^ voilà votre Toi^. Souvenez-vous q^e votre propre ccNrruptiim combattant san^ cesse en veus la grâce de la sainteté ^ il faut faire les mêmes efforts pour la .conserver^ que vous avea^ faits pour la recouvrer ;} et qù'^àinsi vous relâcher^ e^est tout perdre ^ et risquer tout le fruit àe vos travaux passés*
Voilà ^ mes Frères ^ les motSfs et les moyens de persévérance que nous iCoamit aujourd^huiia
< 200 ^tTR LA RlSStJBRECTION
résurrection de Jésus-Christ. Souffrez donc ^ mes Frères v ^^^ j® finisse ce discours ^ cette
• carrière saiute^ et Fouvrage de mon ministère ^ en TOUS adressant les mêmes paroles que TApotre
' adressoit autrefois aux fidèles nouvellement coiivertis à la foi. Mes Frères , leur disoit-il ^ demeurez donc fermes^ et ne -vous rengagez plus sous le joug de la dure servitude dont la grâce de Jésus-Christ vient de vous délivrer ; State , et nolite iterùm jugo sen^itutis continerL ( Gai. 5.1.) Tout ce que vous venez de souffrir pour purifier votre conscience ^ pour en éclaircir les abîmes au tribunal sacré;; ces larmes^ cette honte ^ ces aveux qui ont tant coûté à votre foiblesse ^ ces dédiiremensdu cœur^ tout cela^ rauriez*vous souffert en vain ? Tanta passi estis sine caxisd ? ( Ibid. 3. 4* ) N'allez donc plus reprendre des chaînes dont vous n''avez pu vous-même soutenir la pesanteiur : ne faites plus renaître au milieu de votre cœur ce ver dévorant^ que vous n''avez jamais pu calmer : ne rentrez plus dans ces voies aînées de Ilniquité , que vous avez trouvées vousmême si tristes et si difficiles : Stctte ^ et nolite
• iterùm jugo servitutis contineri. Comparez Tétat où la grâce des sacremens vient de vous établir ^ à cehii où vous étiez avant que d^en approcher» Ne s^itez-vous- pas une joie èeérète au fond de
. de la conscience : une douceur ^ une paix ^ que le monde et les passions nç vous avoient jamais donnée? vos troubles ne sont-41s pas calmés^ vos ^ ^remords apaisés ? Ké revoyez-yotis pas avec plus
DE IfOTRB SEIONBOR*
4e plaisir ce temple^ ce» autels, tous ce^ spectacles pompeux que FEglise étale aujourd'^hui à vos yeux ? u^entendeas-Yous pas ces chants d^allégresse y et son innocente harmonie , comme un prélude du cantique éternel delà céleste Sion ? K^écoutez* .vous pas la parole du salut qu'ion vous annonce ', avec une consolation sensible, au lieu qu^elIe étoit auparavant pour vous un glaive perçant , qui portoit TefFroi et la douleur jusqu^au fond de votre ame ? Rappelez vos jours de dissolution et et de ténèbres : ont-ils rien de comparable à ^e que vous sentez aujourd'hui ? !N'est-H;e pas ici vé* ritablement pour vous , ce jour , ce grand jour que le Seigneur a fait ? et en avez--vous jamab vu dans la région de la mort , dont vous venez de sortir, de si serein, dé si heureux et de si auguste ? Demeurez donc fermes dans les voies du Seigneur, où vous venez d'entrer^ et ne vous lassez jamais dW joug , qui fait tout le bonheur et toute la consolation de ceux qui le portent;: State ^ et nolite iteràm jugo servitutis continerù .Vous êtes devenus des enfans de lumière^ soutenez cet heureux titre : vous venez d'hêtre faits héritiers du ciel^ méprisez avec une sainte fierté tout ce qui est au-dessous d'une si magnifique esp^ rance : vous voilà devenus la victoire de Jésu9- Chri£»t , le fruit de sa mort , et le trophée de sa résurrection^ ne diminuez pas là gloixe de son triomphe , en vous rengageant encore soùs la servitude dure et honteuse de son ennemi f State^ «£ notUte iteritm jugo setvitutis continerL Que
202 »IIK LA IlÉSÛRRECTIOlf
dirai-je 'de pins , mcis Frères ? Les anges qui. environnent le trône de TAgneau dans le ciel ^ et "VOS frères ^ qui vous ont précédés avec le signe de la foi ; les saints protecteurs de cette monarchie ^ qui ont annoncé Jésus-Christ â nos pères ^ vous regardent avec joie du haut de la demeure céleste : ils célèbrent dans le séjour de Fimmortalité , votre délivrance ^ votre heujreux retour à la grâce , et votre réunion avec eux et avec toute FEglise 4u ciel- : ils chantent aui pieds du trône le cantique de louange et d'action de grâce. Youdriezvous fermer encore les cieux sur vous ^ vous séparer encore de la charité des citoyens de la Jérusalem céleste , et rompre des liens si heureux et si désirables pour* vous ? Demeurez donc fermes ^ et ne passez plus de la sainte liberté des enfans de Dieu j à Tesclavage affreux du démon et du pédhé : State , et nolite iterùm jifgo sen^itutis çontinerL Que puis-je vous dire enfin ? Vous . avez même réjoui les anges de la terre ^ les ministres de TEglise^ qui ont été les témoins de vos larmes ^ de vos soupirs ^ de la douleiu* de votre confession^ de la sincérité de votre pénitence : ils vous ont appliqué avec joie le sang de Tagneau^ et le remède de vos souillin*es : ils vous ont ré— concihé avec Fautel, et avec le Dieu quW y adore : ils vous ont donné le baiser de paix : ils vous regardent conune leur ouvrage en Jésu»- Christ ^ comme des enfans de la foi qu'ails viennent .d''enfanter , et de former pour le ciel , par leurs prières ^ par leurs gémissemens ^ et par les-doulears
DE TfOTRE SEiaifEUK. âoj
les plus vives du zèle sacerdotal. Voudriez-vous rempUr leur cfoeur d'^amertuûie ypar une indigne apostasie^ les obliger de gémir encore entre le -vestibule et Tautel ^ de demander à Dieu contre vous'U vengeance de soi| sang profane^ et au lieu Xpié voUâ êtes leur couronne^ leur joie ^ et leur consolation ^ «devenir la plaie la plus dou^, loureuse de leUr cœur ? ]^e rendez donc pas ^ mes Frères, le$ soins de leur zèle, et les travaux de votre pénitence , inutiles : State , et nolite iteràm jugo seryitutis continerù Conservez le trésor que vous venez de recevoir , jusqu'^au jour du Seigneur , afin que vous puissiez le lui présenter à la résurrection générale , conune le gage et ie prix de la bienheureuse immortalité. Ainâ soit--iL
V"r ■■■II'» 'lU.: '. ■ i' ■' '■ ' I ' ' I » 'i '»i' ',11 11 I att