‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 4)Chapitre 22 sur 59 · Tome V. Mystkams · texte numérisé non relu

Tome V. Mystkams

194 SVR LA RéSVRRECTIOlf

nécessaires? Seriez-vous sage de ne penser qvCk vous reposer et de n'^être point sur vos gardes ^ dans une conjoncture où tout se dispose à vous attaq[uer? 3S ^est-ce pas alors que la retraite, la prière , réioignement du monde et des plaisirs , le commerce des gens de bien, la pratique des œuvres de miséricorde, la lecture des livres saints, ^ont plus que jamais de saison;; et qu'^aller exposer un trésor, que vous portez dans un coeur, si peu instruit encore à se défendre ^ c^est vouloir sûre-'

. ment le perdre?

Enfin , je n'^ajoute pas que ITEglise en ce saint temps , fournissant moins de secours extérieurs à la piété deis fidèles^ vous devez remplacer cm dé&ut par un renouvellement de zèle et d'^attention. En efiet, dans les jours de pénitence, dont nous venons de sortir , il semble que la foi et la piété étoient soutenues par les dehors tout seuls du culte, ^assistance plus assidue à nos temples ;} la parole de FEvangile plus souvent et en plus de lieux anponcée ;j les prières de FEglise plus longues et plus solennelles ^ tout cet appareil de deuil et de tristesse dont elle étoit couverte ;; le

. souvenir des mystères douloureux qu^'elle nous rappeloit ^ la loi des jeûnes et des abstinences \ les plaisirs publics suspendus :; la liberté des table» modérée ;j le crime obligé presque de se cacber ^ 0u du moins de se ménager ;; le devoir pascal ^ fjiuquel, si vous exceptez un certain nombre de pédbeurs invétérés , et absolument abandonnés de PiiBU ^ tout le reste se n^ejtoit epi ét^t de salis**

, BE NOϻE SEIGNEUR. 1^5

faire:; tout cela pouvoît servir de soutien à une • piété naissante. Mais dans le temps où nous allons entrer , la vertu ne trouve presque plus rîçn dans les dehors de la religion, qui Faide, qui.la réveille , qui la défende : toute la beauté de la fille du roi est , pour ainsi-dire , au dedans. L'^Eglise supposant que nous sommes devenus des hommes tout spirituels et célestes par la résurrection,

, fouitdt à notre piété moins de secours seqsibles : les jeûnes cessent^ les prières publiques dimî— nuent :; les chaires chrétiennes se taisent ^ les cérémonies du culte sont plus unies çt plus simples^ les jsolennités finissent ^ la révolution des mystères

: s^accomplit ^ TEglise de la terre ressuscitée est une image de celle du ciel , où Famour , Fadoration , Faction de grâces et le silence tiennent lieu d'hymnes et de cantiques , et forment toute sa religion et.tout son culte.

Or , pour vous , qui êtes encore foible dans la foi , cette privation de secom^s sensibles , cette vie intérieure et parfaite a ses dangers. Il est à craindre

. que ne trouvant plus autour de vous les appuis extérieurs de la piété , vous ne puissiez tous sou-

. tenir tout seul : il est à craindre que la fin des abstinences ne soit pour vous, un attrait d^intempérance et de volupté^ que Féloignement des choses saintes ne vous jette dans Foubli de Dieu^ que Fttsage plus libre des plaisirs ne vous fraie le chemin au crime ^ que la rareté des prières pu-* bliques ne vous désaccoutume d'hélé ver votre cœur à Dieu^ que le silence des chaires cjirétiennes ne

106 SITH lA Ht^VRBBCTiaV

TOUS endorme sur les mérité» du salut; en Un mot ^ que la sainte Bberté de c^ temps ne soit iM>ur tous une occasaon de rechute et de Kbertinage.

Et pour mieux tous déTelopper cette Térité ^ear on ne sauroit trop tous faire entrer dans Fesprit de l^E^Iise sur rordreet sur la fin de ses Bi^nnités et d^ ses mystères; puisque cVst là toute la piété de cet exil et de notre pèlerinage )) remarquer ^ je tous prie^ mes Frères, que depuis la naissance du SâuTeur , jusqu^à sa réSurreetiooN^ et àTeâusion de son E^rit-Saint que nous atten* dons , l^Eglise tous a tenus sous ses ailes , pour ainsi cBre, comme les petits quVUe enfantoit .^ êl qu^elle Touloit formera Jésu^Oirist; elle tous a fait 'Croître successiTement par la grâce de chaque mystère ; elle ne tous a point perdus de Tud , et 70US a domié tous ses soins. Mais désormais* les mystères de la résurrection , et de Teffiision de rÊsprit^àint accomplis , elle regarde son oùTtage comme acheTéen tous; elle suppose que tous êtes des h<»nmes célestes, remplis de tous le» dons d''en ha^t, parrenus à la parfaite ressenobblance de Jésus-Christ glorifié , et qui n^aTcz plus besoin des secours dont elle aToit jusque-là soii<tenuTOtre enfance. Elle tous laisse à Tous-mémed; elle se retire dans le secret de son sanctuaire ; elle ne propdse plus à TOtre piété , que le mystère ineffable de Tunité de Tessence dÎTine , et de la trinité des personnes , qui fait la seule occupation: , tout le culte , toute la religion des esprits célestes^ 6t des bienheureux dans le ciel : elle croit qq^

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