‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 4)Chapitre 25 sur 59 · E L'ESPRIT DB JÉSUS-CHRIST ET DE L'ESPRIT DU MONDE · texte numérisé non relu

E L'ESPRIT DB JÉSUS-CHRIST ET DE L'ESPRIT DU MONDE

Nos aut^iu 9 non spiritum hujus mundi accepimus , sed Spiritum qui ex Deo est.

Pour nous » nous n* avons point reçu (^esprit du monde « mais PJSsprit qui vient de Dieu» i. Cor. 2. 12.

Li'^ESPRiT de Dieu et Tesprit du moade ^ dit saint Aiigustm ^ forment ici-bas deux cités ^ Babylone çt Jérusalem ^ qui ont chacune leurs loi3 ^ leurs maximes^ leurs citoyens^ et qui s^élevaut depuis le commencement du monde sur la terre ^ ont toujours séparé invisiblement et aux yeux de Dîeu^ les enfans du ciel^ des enfans du siècle.

Ces deux esprits partagent tout Funivere , les villes^ les empires^ les familles : ils sont répandu! sur tous les états ^ les grande:: et le peuple ^ dans

âo6 LE JOUR LE LA PENTECÔTE.

tous les lieax ^ le monde et la retraite ^ la conr et les cloîtres. Qui que vous soyez , vous qui m'écoutez ^ vous appartenez à Fun de ces deux esprits: vous êtes citoyen de Tune de ces deux cités j c^est-à-dire ^ que vous appartenez , ou à Babylone, ou à Jçrusalem : vous fttes animé ^ ou de FEsprit de Jésus— Christ ^ ou de Tesprit du monde. Il est impossible d'hêtre en même temps à tous les deux^ dit Jésus— Christ ^ il est encore plus impossible de n'^être ni à Fun ni à Fautre : on ne peut ni se partager^ tii ne pas se donner; et comme il faut nécessaii*emént qu'Hun domine dans notre cœur ^ il est nécessaire que notre cœur appartienne à un maître ; à Famour du monde ^ ou à Famour de Jésus— Christ.

Yoilà la situation de tous les hommes:; nous avons tous opté entre ces deux partis. Nous sommes encore confondus ensemble , à là vérité ^ par des dehors qui nous sont communs; par des devoirs extérieurs que nous remplissons tous également j par les nécessités corporelles auxquelles nous sommes tous eucore assujettis : mais un e^rît invisible nous sépare et^ nous distingue; nous portons au dedans un homme intérieur bien différent; le principe qui nous- pousse et qui nous anime ^ n'^est pas le même; et Dieu qui ne juge de nous ^ que par ce que nous sonunes au dedanSf sait bien démêler dans cette confusion où nous vivons ^ ceux qui ne sont pas à lui ^ de ceux qui lui appavliennent.

Il s'agit donc aujourd'hui de nous démêler

^tJR LES CABACTÈRÊS ^ CtC. 20^

nous— mêmes : de nous demander à qui nous ap^' pàrlenons^ de quel côté est notre cœur; quel est ramoiu* dominant répandu sur nos actions^ sur nos désirs ^ sur nos pensées ^ en un mot '^ si nous vivons de Tesprit du monde y ou de TEsprit de Jésus-Christ.

Il est si aisé de se faire illusion à soi-même ^ et de se calmer sur quelques apparences de bien ^ sur Téloignement de certains excès , sur la parti-* cîpation même des saints mystères , tandis que le cœur est mondain ^ corrompu , mort aux yeux de Dieu ; que nous ne saurions trop réveiller làdessus nos craintes et notre défiance.

' Or , mes Frères ^ pour nous juger nous-mêmes ^ selon les règles de la foi ^ et éviter de nous séduire , nous n^avons qu'à examiner ici ce que c'*est que l^sprit de Jésus-Christ^ et ce que c'est que Tesprit du monde;; et en remarquant les carac— ' ' tères différens que les livres saints leur attribuent.! décider auquel des deux nous appartenons , et s nous pouvons dire en ce grand jour avec la même confiance que r Apôtre : Pournouç, nous n'a vous pas reçu Tesprit du monde ^ mais TEsprit qui vient de Dieu.

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